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L'enfant du pays
Article : Politique : Il faut penser aux jeunes au-delà des élections
Politique
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4 mars 2015

Politique : Il faut penser aux jeunes au-delà des élections

Les partis politiques ont pris d’assaut les différentes localités du pays depuis l’annonce des élections couplées législatives et présidentielle du 11 octobre 2015. Les jeunes constituent leur cible principale dans la quête de l’électorat burkinabè. Chaque parti dit mettre la jeunesse au centre de ses préoccupations.

Au Burkina Faso nous sommes dans une période où les jeunes sont adulés de toutes parts. Après les 30 et 31 octobre 2014, les jeunes burkinabè ont fini de démontrer leur capacité à changer le tournant de la vie politique du pays. Une démonstration qui a convaincu les politiciens que pour la conquête du pouvoir, il vaut mieux avoir la sympathie des jeunes. La fin de l’ère Compaoré s’ouvre sur une nouvelle qui verra des élections « plus ouvertes », où le gagnant n’est pas connu d’avance. Alors pour y parvenir, les états-majors des partis politiques vont de localité en localité à la recherche de partisans, de voix en vue de la présidentielle de 11 octobre prochain. C’est dans ce contexte que tous les regards ne tournent encore vers la tranche jeune de la population burkinabè. Chaque parti politique se fait l’avocat de la jeunesse. Même ceux qui ont bâillonné hier la jeunesse se présentent comme des « messi » pour sauver leur ancienne « proie ». Ceux qui ont contribué à réprimer durement les différentes manifestations des élèves et des étudiants se sont transformés en fervents défenseurs des jeunes. C’est dans cette période qu’on entend toutes sortes de plans, de politiques, de stratégies pouvant sortir la jeunesse de l’impasse dans laquelle elle se trouve : le manque d’emplois, la formation professionnelle, l’éducation. Certains diront même ils sont le parti des jeunes.

Les jeunes multiplient les marches après les elections pour la prise en compte de leurs préoccupations
Les jeunes multiplient les marches après les elections pour la prise en compte de leurs préoccupations

Il est normal et bien-pensant de placer la jeunesse au centre de sa stratégie de campagne étant donné que les jeunes constituent plus de moitié de la population. Mais il est encore mieux de penser à ces jeunes au-delà des élections. Une chose est d’être élu mais une autre est de travailler à l’épanouissement de toute la population burkinabè et des jeunes en particulier. Très souvent nos politiciens ne se souviennent de leurs promesses qu’à l’approche des prochaines élections. C’est là le malheur de la jeunesse burkinabè et même africaine. Elle ne sert aux dirigeants que pour les échéances électorales. La jeunesse pour eux, c’est juste un « bétail électoral». C’est avec respect et considération que ces politiciens vont vers les jeunes pendant les campagnes électorales, mais c’est par des gaz et des coups de matraques et même des réformes inappropriées qu’on les remercie. Les jeunes aujourd’hui attendent plus que de simples déclarations ou de plans. Il faut des actes plus concrets.

Il est donc temps que les dirigeants s’occupent de cette jeunesse qui, comme on le dit, est l’avenir de chaque pays. Une jeunesse mal formée, malade, et sans emploi ne peut contribuer au développement de son pays. Et la Camerounaise Marie Tamoifo Nkom l’avait déjà dit lors du 23e sommet Afrique- France : « Nous sommes dans l’urgence, dans l’obligation d’avancer. Si les politiques ne s’occupent pas de la jeunesse, le vent du changement, en contexte démocratique, conduira la jeunesse à s’occuper des politiques afin que les engagements aient un sens », avait-elle martelé à la tribune du sommet. Aujourd’hui encore beaucoup de pays africains sont toujours dans cette situations.

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Article : Le vélo, le cheval moderne des Burkinabè
Société
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28 février 2015

Le vélo, le cheval moderne des Burkinabè

« O kutaamo ». C’est ainsi qu’on appelle le vélo dans ma langue maternelle. Cela signifie « le cheval en fer » en gulmancema. Cette langue est parlée surtout dans la partie est du Burkina Faso. Cette appellation, à elle seule, montre comment  ce moyen de locomotion a pris place dans la vie des Burkinabè. Aujourd’hui le vélo occupe la place qu’occupait le cheval dans la vie de nos grands-parents. Le vélo est omniprésent dans la vie du Burkinabè. L’un des plus grands cadeaux qu’un enfant attend c’est certainement un vélo.

Photo Slatesafrique.com Le vélo est adapté pour tout le monde.
Photo Slatesafrique.com
Le vélo est adapté pour tout le monde.

Un usage diversifié du vélo

L’usage du vélo a pris diverses formes au pays des hommes intègres. C’est sur ce moyen de locomotion que le petit garçon ou la petite fille part à l’école, dans les zones urbaines comme rurales. Les enfants qui se déplacent à vélo pour aller à l’école sont nombreux. Cet usage est encore indispensable dans les zones rurales du Burkina Faso. Les élèves peuvent parcourir plusieurs km pour rejoindre leurs écoles, au primaire comme au secondaire. Pour ces enfants le vélo devient le moyen de déplacement le plus adapté. Et surtout le disponible car moins cher et plus facile à entretenir.Il ne demande pas de dépenses, notamment pas de carburant. C’est également avec son vélo que le paysan rejoint son champ très tôt le matin, en saison pluvieuse. Quand il revient le soir, c’est avec ce même vélo qu’il transporte du bois pour sa femme. Et en saison sèche, c’est au moyen de sa bicyclette qu’il parcoure les marchés des villages environnants pour faire son petit commerce. Il transporte alors friperie, cola, sel ou autres marchandises afin de les vendre, village après village. L’utilité du vélo en milieu rural est devenue même un fait de socialisation. Il y a quelques années de cela, certains villageois partaient travailler dans les pays voisins comme la Côte d’Ivoire ou le Bénin, afin de s’offrir ce moyen de locomotion.

Évènements sportifs liés au vélo

Le vélo occupe une place primordiale dans la vie du Burkinabè. Il est rare de trouver une famille burkinabè sans bicyclette. Cet usage du vélo dans le pays a contribué à l’appellation de la capitale, Ouagadougou : la capitale des engins à deux roues.

L’amour et la pratique du vélo au pays des hommes intègres ont favorisé l’émergence de sports comme le cyclisme. Le pays organise, depuis 1987, l’un des plus grands événements sportifs africains : le Tour du Faso. Chaque année des équipes venues des continents africain et européen parcourent les villes et les campagnes du pays. Le Burkinabè Abdoul Aziz Nikiema est d’ailleurs le vainqueur de la dernière édition, celle de 2013. Les caravanes du tour du Faso reçoivent toujours un bel accueil de la part des populations des localités traversées. En plus du Tour du Faso, d’autres compétions de vélo sont organisées à travers le pays. C’est le cas du championnat burkinabè de cyclisme.

Le commerce

La forte demande de la population en vélo est aussi une bonne affaire pour les commerçants. La marque Peugeot n’a plus son monopole d’antan au Burkina Faso. Aujourd’hui on trouve une grande variété de marques de vélo au Burkina Faso. A cela s’ajoute les vélos dits « Au revoir la France ». Ce sont des vélos usés mais qui sont appréciés par les cyclistes burkinabè. Ils ne sont pas très chers, en général, mais très résistants et pratiques selon l’objectif visé. Les vélos paniers ont fait leur apparition au Burkina, il y a quelques années. Aujourd’hui, ces vélos ont acquis la sympathie des Burkinabè.  Aux débuts réservés aux femmes, aujourd’hui les « vélos paniers » plaisent aux hommes aussi. Ils sont accessibles: autour de 30 000 francs CFA.

Aujourd’hui, le Burkinabè peut s’offrir un vélo sans trop de difficultés. Le prix du vélo baisse année après années grâce à leur multiplicité. Malgré tout, ce sont les commerçants qui se frottent les mains.

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Article : Visite d’un site d’orpaillage: « il y a l’or ici »
Société
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5 février 2015

Visite d’un site d’orpaillage: « il y a l’or ici »

Nous sommes à environ 3 km de la ville de Djibo, dans la région du Sahel au Burkina Faso. Cette région est réputée pour ses nombreux sites aurifères. On peut citer facilement Essakane, Enatan qui font l’objet d’une exploitation industrielle.  Mais là où je me rends, c’est plutôt une exploitation artisanale. L’homme essaie par tous les moyens d’extraire le métal jaune. Ici on ne pense pas aux risques. On reste positif, et espère qu’on sortira indemne un jour de son trou, d’une profondeur de plusieurs dizaines de mètre. Et surtout qu’on sortira avec de l’or pour enfin sortir de sa misère séculaire parce qu’on est certain « qu’il y a l’or ici ».

Les femmes aussi sont presents sur le site souvent avec leurs enfants
Les femmes aussi sont presentes sur le site souvent avec leurs enfants

L’entrée

Je suis à l’entrée du site. Ce lieu qui, quelques jours avant, ne recevait presque pas de visite grouille de monde. C’est tout un village qui s’est constitué au versant Est de la colline. La cause, c’est que « l’or y a fait son apparition ». Alors on afflue des quatre coins du pays pour « tenter sa chance », dit-on. Je me rends compte que l’entrée du site c’est plutôt le centre des « affaires ». C’est là que les marchants se sont installés. Celui que je vois le premier, un vendeur d’eau chaude. Oui en cette période où il fait encore froid au Sahel, c’est lui qui offre l’eau chaude à ceux qui sortent des trous. Ils leur donne l’eau mais aussi met à leur disposition des toilettes de fortune. Je continue ma visite et je croise une dame, Alima. A la question de savoir si elle gagne l’or, elle répond : je ne monte pas chercher l’or, je suis là pour vendre mon riz. Et ça marche un peu. Je comprends par-là que son commerce marche très bien. Les commerçants ne disent jamais que tout va bien surtout pas à des inconnus. Peut-être que la mairie entendra ? Son voisin est beaucoup plus coopérant. Salif, une vingtaine d’années, son travail est « simple » : « laver le sable et extraire l’or ». Mais il faut passer par plusieurs étapes.Il essaie de m’expliquer la procédure. Moi je trouve ça long. Étonné de mon ignorance quant à ce travail, Il décide de me faire démonstration. Il saisit alors un des tapis sur lesquels il lavait le sable et il verse la boue dans une eau. Puis dans une autre plus propre visiblement. Avec un plat, il réussit à séparer la boue. Et j’aperçois des débris de couleur jaune. Plus besoin de poser la question, c’est l’or. Mais que pour cette « poussière jaune te rapporte il t’en faut beaucoup » lui dis-je. On me fait signe que ce n’est que le premier tapis. Je comprends que « l’or est là ».

Photo/J.Lompo Les trous, très proches les uns des autres ne resistant pas aux éboulements
Photo/J.Lompo
Les trous, très proches les uns des autres ne resistent pas aux éboulements

Le centre du travail

Je décide alors d’aller à la source de ce métal jaune. C’est là que se fait le travail le plus difficile.  Il faut creuser plusieurs mètres, souvent les trous atteignent une dizaine de mètres. Là je trouve deux jeunes, parmi la masse. Après avoir travaillé pendant plusieurs heures, ils se sont donné une pause. Notre conversation est rythmée par des coups de pioches des trous voisins. A la question de savoir s’il y a l’or. Ils n’hésitent : « il y a l’or ici ». Mais il y a un problème. « Nous avons atteint une roche. C’est après cette roche que l’on trouve l’or. Mais la force humaine dépasse cette roche difficilement. Et le travail n’avance plus », M’ont –ils répondu, fatigués et couverts de poussière. J’ai compris qu’ils veulent utiliser les dynamites pour leur faciliter le travail. Les trous sont proches les uns des autres. L’utilisation de ces dynamites peut provoquer des éboulements et causer des morts. C’est le lieu le plus dangereux du site. On pourrait même tomber dans un trou si on n’y prend garde. Mais c’est là aussi que je vois des enfants aidant leur parents ou faisant du petit commerce ou encore mendiant. Mohamed, une dizaine d’années, vend de la cola. Il a quitté l’école et soutient que c’est mon père lui a obligé. Il faufile entre les trous et fait son commerce sur le site, comme les autres. Non loin de là, une fillette aide sa maman à concasser des morceaux de pierres à la recherche du même métal.

Pour l’instant les autorités n’ont pas permis aux orpailleurs d’utiliser les dynamites à cause de la dangerosité de ces explosifs. Mais ceux-ci vont-ils garder leur mal en patience et ne pas dynamiter la roche ? Rien n’est sûr. Chaque plusieurs personnes meurent dans des éboulements de trous à la recherche de l’or.  Et nombres d’élèves abandonnent les classes pour l’or. Ma visite s’arrête là.

Mais sur le chemin de retour on m’apprend aussi d’autres activités moins officielles se dérouleraient sur le site à la tombée de la nuit. Alors que j’étais en train de tracer ces lignes, on apprend qu’un autre filon a été trouvé. Et là, des explosions de dynamites ont été entendu. Ces sites d’exploitation artisanale sont souvent sources de beaucoup de dangers pour ceux qui y travaillent surtout les enfants. Exploitation, abus sexuels et consommation de drogue sont légion dans ces sites. Mais rien n’arrête un orpailleur pourvu qu’«il y ait de l’or ici».

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Article : Mes vœux de 2015: Une autre Afrique
Politique
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5 janvier 2015

Mes vœux de 2015: Une autre Afrique

L’Afrique est considérée, à tort, comme le continent de tous les maux. La guerre, la famine, les maladies ont fait parler d’elles plus que ce que le continent noir a de bien. Pour moi, l’Afrique a plus que tout cela. Mon souhait c’est qu’à partir de cette année 2015, l’Afrique commence à manifester ce qu’elle a de meilleur.

Une autre Afrique. C’est mon vœu pour tous les pays du continent noir. Une Afrique dans laquelle les maladies, les conflits ne sont plus le quotidien de ses habitants. Mon vœu pour cette Afrique, c’est de voir Ebola éradiquée. Que tous les pays touchés par cette maladie infernale se voient libérés et soulagés. Que la crainte, l’angoisse et la psychose que cette maladie a semées dans les esprits des populations africaines disparaissent. Je souhaite que les familles endeuillées par cette maladie soient consolées et restaurées.

2015 est une année pleine de defis mais aussi d'espoir
2015 est une année pleine de defis mais aussi d’espoir pour le continent africain

Mon vœu c’est que les dirigeants africains fassent preuve de responsabilité dans la gestion des affaires de leur pays. Qu’enfin ils décident de travailler pour le bien des populations qui les ont portés au pouvoir. Qu’ils aient une considération pour leur peuple outre que celle de « bétail électoral».

Mon vœu, c’est aussi de voir les populations africaines vivre en paix les unes avec les autres au cours de cette année 2015. Que plus jamais elles ne se laissent entrainées dans des conflits politico-ethniques ou religieux. Je voudrais que la République centrafricaine connaisse une paix durable. Que partisans des différents camps posent les armes et construisent ensemble leur pays : la République centrafricaine. Je souhaite que les frères maliens s’entendent une fois pour toutes. Qu’ils trouvent une solution afin que les fils et filles de ce pays vivent ensemble et se regardent comme citoyens d’une même patrie. Je souhaite que les frères sud-soudanais s’entendent et que l’on aide le Nigéria et le Cameroun à trouver une solution face la menace commune : boko haram !

Mon vœu c’est que cette année 2015 voit des élections libres et transparentes au Burkina Faso. Que la transition se fasse dans les conditions dictées par la charte de la transition et que le pays retrouve une nouvelle dynamique de développement. Un développement dans lequel les enfants du pays seront acteurs et non des victimes.

Aussi mon vœu, c’est que les dirigeants africains écoutent la voix de leur peuple. Plusieurs pays organisent des élections en cette année. Les présidents devraient comprendre qu’ils doivent respecter leur Constitution. Ils ne doivent pas attendre que des soulèvements et des pertes en vie humaine pour respecter une Constitution qui leur a permis de venir au pouvoir.

Enfin une je souhaite une bonne et heureuse année à tous mes lecteurs. Ceux qui m’encouragent par des petits commentaires ou par des « j’aime » ou encore par des tweets.

 

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Article : 2014 dans mon rétroviseur
Politique
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2 janvier 2015

2014 dans mon rétroviseur

Beaucoup d’évènements se sont passés  au cours de l’année 2014 au Burkina Faso. Et le pays a même a été à deux doigts du chaos. Quand je regarde dans le rétroviseur, je retiens quelques éléments qui nous ont marqué. De la démission des anciens ténors du CDP à celle du président du Faso, on peut que le pays a été mouvementé surtout sur le plan socio-politique.

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La chute du regime de Blaise Compaoré et la mise en place du gouvernement de transition sont les évèments marquants de 2014 au Burkina Faso

Je me rappelle qu’en début d’année 2014, parlant de la situation socio-politique, un spécialiste du droit constitutionnel affirmait que tout allait se jouer en 2014. Il a effectivement eu raison puisque dès le début de l’année la démission des ténors du Congrès pour la démocratie et le progrès a été un signe. Cet évènement annonçait déjà l’affaiblissement et l’isolement du parti de Blaise Compaoré et surtout la création d’un parti capable de s’opposer au CDP. Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo Simon Compaoré et les autres quittent le navire CDP et se positionnent aux côtés du Chef de file l’opposition politique.

Toujours sur le plan politique, Zéphirin Diabré et les autres membres de l’opposition politique ont organisé d’importantes marches-meetings contre la mise en place du Sénat et la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè. Le but étant de permettre à Blaise Compaoré de se représenté en 2015. L’opposition politique a organisé de ces marches en vue de manifester son désapprobation quant à la volonté de la majorité de tripatouiller la loi nationale au profit d’un seul individu : Blaise Compaoré. Ces nombreuses manifestations sans de véritables débordements, sont aussi le fruit des efforts du chef de file de l’opposition. Il peut se féliciter d’avoir pu réunir autour de lui toute l’opposition au moins pour dire non à un pouvoir à vie de Blaise Compaoré. Une société civile de plus organisée et déterminée qu’auparavant

L’évènement de l’année est sans doute le soulèvement populaire des 30 et 31 octobre 2014. Alors que le gouvernement a annoncé sa ferme volonté de porter le projet de loi devant l’Assemblée nationale en vue de modifier la Constitution, la population oppose une farouche résistance. Jamais un soulèvement n’avait atteint une telle ampleur. Les manifestants évacuent les députés de l’Assemblée nationale avant de l’incendier. Dans la capitale et plusieurs villes du Burkina, c’est le soulèvement. Les biens des dignitaires du régime sont détruits et le peuple exige tout simplement le départ de Blaise Compaoré du pouvoir. Il résiste mais finit par céder face à la pression populaire. Le lendemain Blaise Compaoré signe sa démission et c’est la débandade dans le camp CDP et alliés. Après de multiples négociations un gouvernement est mis en place pour assurer la transition et organiser les élections de 2015.

Le 13 décembre 2014. Le peuple burkinabè commémorait pour la première l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, sans le régime mis en accusation. Et pour la première fois des membres du gouvernement se joints aux manifestants pour demander vérité et Justice pour Norbert Zongo, ses trois compagnons mais aussi pour d’autres crimes. L’espoir d’avoir justice pour les différents crimes renait avec la chute du régime. Une nouvelle perspective s’ouvre pour le pays au cours de l’année 2014, mais de nombreux défis restent à relever.

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Article : Burkina Faso: le parti de Blaise Compaoré suspendu !
Politique
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16 décembre 2014

Burkina Faso: le parti de Blaise Compaoré suspendu !

Le gouvernement de transition a suspendu le Congrès pour la démocratie et le Progrès (CDP). C’est le parti du president, de l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré. Son allié l’ADF/RDA a subit la même sanction.  

Photo lefaso.net Les CDP, l’ADF/RDA et la FEDAP-BC sont suspendus

Le gouvernement, par la voix du Ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, a annoncé la suspension du parti de l’ancien président Blaise Compaoré. Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a été suspendu ainsi que son ex puissant allié, l’Alliance pour la démocratie et la fédération, Rassemblement démocratique Africain (ADF/RDA). L’ADF/ RDA avec à sa tête Me Gibert Noel Ouédraogo avait fortement soutenu le projet de révision de l’article 37 de la Constitution pour permettre à Blaise Compaoré de se représenter en 2015. Le Ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité (MATDS) soutient que ces structures se sont rendues « coupables d’activités incompatibles avec les textes et lois en vigueur dans notre pays ». Pour le MADTS, ces formations politiques se sont livrées à des activités de tous ordres alors que la nation est encore en train de panser ses plaies et de pleurer ses martyrs. Cette suspension s’appuie sur l’article 30 de la loi portant charte des partis et formations politiques au Burkina Faso :

« En cas de violation des lois et règlements de la république par un parti ou une formation politique et en cas d’urgence ou de trouble de l’ordre public, le Ministre chargé des libertés publiques peut prendre un arrêté de suspension de toutes activités du parti concerné et ordonner la fermeture de son siège », Article 30 de la LOI N° 032-2001/AN PORTANT CHARTE DES PARTIS ET FORMATIONS POLITIQUES AU BURKINA-FASO.

Une troisième structure proche de l’ex-président du Faso a été également suspendue. C’est la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré, FEDAP-BC. Cette association, créée depuis 1992, s’est surtout préoccupée du maintien de Blaise Compaoré que de la paix sociale. Alors que la paix était menacée par la modification de l’article 37 et le maintien de Blaise Compaoré au pouvoir, les membres de l’association ont plutôt soutenu la modification. Les responsables des formations peuvent encore contester cette décision. Ils pourront, s’ils le désirent, saisir le tribunal administratif dans un délai de 60 jours après notification de la suspension. Mais cette sanction va certainement sentir comme une massue sur la tête de ces formations et partis politiques. Alors que tous les partis s’apprêtent pour les batailles électorales de 2015, l’ex-parti au pouvoir, de Blaise Compaoré, vient d’essuyer une nouvelle défaite, après celle du 30 octobre 2014. Selon certains observateurs, on parlait déjà de nouvelles stratégies, de restructuration, pour relever la tête de l’ancien « méga parti », comme ils aimaient l’appeler. Cette suspension va finir de convaincre certains militants qui n’ont peut-être pas encore « sali leurs noms » de mettre les voiles. Alors que c’est justement sur ces derniers que reposait l’espoir du parti. Il faudra donc s’attendre, dans les semaines ou mois à venir, la création de partis issus de l’ancienne majorité. A bien regarder, ce qui restait c’était surtout la FEDABC. Ce qui rendait fort ce parti, c’était Blaise Compaoré. Et ce qui les unissait, Blaise Compaoré. Blaise Compaoré : c’est ce qu’ils avaient en commun. Maintenant, les brebis vont-elles survivent après la fuite du berger ? L’avenir nous le dira. .

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Article : Le Burkina Faso  rend hommage aux héros de la révolution !
Politique
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2 décembre 2014

Le Burkina Faso rend hommage aux héros de la révolution !

Les autorités de la transition ont organisé une cérémonie d’hommage national à tous les fils et filles tombés les armes à la main lors de la révolution du 30 octobre 2014. Cette commémoration s’est tenu à la place de la nation, rebaptisée « Place de la révolution ».

Ambiance de tristesse, de deuil à la Place de la révolution à Ouagadougou. L’émotion a atteint son comble lorsque la veuve d’un des martyrs a intervenu. C’est donc ce mardi 02 décembre 2014 que le pays tout entier rend hommage à tous les enfants du pays tombés sous les feux alors qu’ils luttaient pour sauver le pays de la patrimonialisation du pouvoir de Blaise Compaoré.  Ces hommes et ces femmes sont élevés au rang de héros de la révolution par les autorités de la transition. Au-delà des parents, des amis des défunts, c’est tout le peuple burkinabè qui a rendu un hommage mérité à tous ses enfants qui ont bravé la forfaiture d’un régime à savoir celui de l’ancien président Blaise Compaoré. Ils ont affronté les forces armées à mains à nues pour éviter le pouvoir à vie de Blaise Compaoré. Voici les dernières paroles de l’une des victimes, une jeune fille :

« Maman, tu vois ma respiration ne descend plus. Je suis en train de mourir. Mon seigneur Jésus, sauve- moi.  Maman marie sauve-moi. Dieu est grand priez pour moi ».

Les responsables religieux ont tour à tour intervenu pour consoler les familles et le peuple tout entier, et surtout pour que ces les intérêts égoïstes ne plongent plus jamais le pays dans une telle situation.

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Le monument aux héros nationaux portera désormais le nom de Panthéon des martyrs de la revolution

Les corps de six héros de la révolution ont, par la suite,  été inhumés au cimetière municipal de Gounghin dans la ville de Ouagadougou. Ils ont été élevés au rang de héros de la révolution par les autorités de la transition. Désormais le monument aux héros nationaux, portera le nom de Panthéon des martyrs de la révolution en mémoire de tous ceux qui sont tombés ce jour-là. C’est là qu’ils y reposeront de façon symbolique.

L’insurrection populaire des 30 et 31 octobre a coûté, au total, la vie de 24 personnes et plus de 600 blessés.

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Article : Burkina Faso: Et si les militaires avaient volé la révolution du peuple?
Politique
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24 novembre 2014

Burkina Faso: Et si les militaires avaient volé la révolution du peuple?

Le 30 octobre 2014, le peuple burkinabè s’est levé comme un seul homme pour dire non à un pouvoir à vie du président Compaoré. Non à une patrimonialisation du pouvoir. Mais après différentes tractations, l’armée semble profiter le plus de cette révolution.

Les president de transition, Michel Kafando, en compagnie des représentants de l'armée
Le président de transition, Michel Kafando, en compagnie des représentants de l’armée

Dans les tractations qui ont suivi la démission du président Blaise Compaoré, c’est le lieutenant-colonel Isaac Zida qui a assuré la fonction de chef de l’Etat pendant deux semaines. Les différentes négociations ont permis par la suite la signature d’une charte qui prévoit que le président de la transition doit être un civil. Ce qui est fait. Le civil, c’est Michel Kafando qui a eu la confiance du conseil de désignation. Il faut noter que Michel Kafando est le candidat de l’armée. Il a été proposé par l’armée pour assurer les fonctions de président de transition d’une durée de 12 mois. Et le président de transition a nommé, sans surprise, l’ancien chef de l’Etat le lieutenant-colonel Zida, comme premier ministre.

Le tandem Zida-Kafando

Ce qui  me fait dire qu’en fait, c’est l’armée qui sort gagnante d’une révolution qu’elle n’a pas initiée. Certes la présence de cette armée est nécessaire pour le maintien de l’ordre pendant la transition et donne une force militaire à la transition. Mais elle inquiète beaucoup. Surtout que parmi les six présidents qui ont dirigé le pays depuis les indépendances, seul le premier, Maurice Yaméogo était un civil. Il a d’ailleurs été renversé par une révolution populaire en 1966. Et depuis, ce sont des militaires qui se succèdent au pouvoir.

Jusque-là, le lieutenant-colonel a rempli son rôle avec satisfaction et reconnaissance du peuple burkinabè. Il aurait pu se retirer tranquillement mais il a préféré poursuivre la gestion de la transition, comme premier ministre de celui que lui et ses frères d’arme ont proposé comme président. Est-ce une passation à la Poutine-Medvedev ? S’interrogent certains citoyens burkinabè et observateurs de la révolution populaire d’octobre dernier. Et si le vrai président, c’était toujours le Lieutenant-colonel Isaac Zida ? Dans tous les cas l’un et l’autre ont annoncé des mesures populistes. Le président s’est engagé lutter contre les maux tels que la corruption, la gabegie, le népotisme qui minent le pays. Il promet régler les comptes à tous ceux qui pensent qu’ils peuvent piller l’Etat sans crainte. Zida de son côté avait déjà mis fin aux fonctions de directeurs en mettant l’un aux arrêts.

Un gouvernement à forte présence militaire

Dans le nouveau gouvernement aussi les bérets rouges sont légion. Le premier ministre Yacouba Isaac Zida s’est emparé du ministère de la sécurité alors que son « bras droit » depuis les évènements du 30 octobre 2014, Auguste Dénise Barry, dirige le ministère de la sécurité et de l’administration territoriale. Il avait déjà occupé ce poste avant la crise mutinerie de 2011. C’est un autre bidasse qui est au ministère des mines et carrières, un secteur florissant au Burkina Faso depuis plusieurs années. Et c’est le colonel Boubacar Ba qui a la charge de ce ministère. Le ministère des sports de ce gouvernement ne rompt pas avec la tradition de Blaise Compaoré. Il est confié à un militaire à savoir le colonel David Kabré qui remplace le colonel Yacouba Ouédraogo à la gestion des sports au Burkina Faso.

Il me parait donc évident que l’armée sortira encore gagnante surtout si la transition se passe comme prévue par la charte.  Le tandem Kafando – Zida peut donc renter dans l’histoire de cette révolution. Et le colonel pourrait revenir comme candidat un jour. Candidat à la ATT, au Mali.

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Article : Au Burkina, l’on s’apprête à l’identification du corps de Thomas Sankara
Politique
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23 novembre 2014

Au Burkina, l’on s’apprête à l’identification du corps de Thomas Sankara

Le président de la transition au Burkina Faso, Michel Kafando, s’est engagé à travailler pour libérer le pays des fléaux qui le minent depuis des décennies. Lors  de la cérémonie officielle de passation de charges, il a clairement exprimé sa volonté de faire la lumière sur l’assassinat de Thomas Sankara.

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Les investigations autorisées par le presiden M Kafando pourraientindiquer le lieu où T sankara a été inhumé

Le président de transition, Michel Kafando, veut lutter contre les maux qui minent le Pays des hommes intègres. Et pour cela il a pris des décisions très fortes notamment la poursuite des enquêtes pour l’identification du corps de Thomas Sankara. C’est la décision ou l’une des décisions principales, que je retiens de son discours de passation de charges. Elle a d’ailleurs été fortement applaudie par l’assistance. «J’ai aussi décidé que les investigations pour identifier le corps de Thomas Sankara ne seront plus assujetties à une décision de justice, mais seront du ressort du gouvernement et d’ores et déjà, aujourd’hui même, à cet instant même, l’autorisation est accordée », a soutenu le président Kafando.

Le processus d’identification du corps du leader de la révolution d’août 1983 peine à démarrer à cause d’une décision de justice. En avril dernier le tribunal de grande instance de Ouagadougou s’était déclaré incompétent sur la demande d’exhumation du corps de Thomas Sankara. Cette décision avait provoqué une vive colère de la famille et des partisans du leader de la révolution d’août 1983.

Aujourd’hui, l’espoir de voir la lumière sur cette affaire renaît pour la famille de « Thom Sank » et pour tous ceux qui attendent que justice soit faite sur cet assassinat. Sur cette affaire, le Comité des droits de l’homme de l’ONU avait demandé, entre autres, à l’Etat burkinabè, de clarifier l’assassinat de Thomas Sankara, de prouver le lieu où il a été enterré et de dédommager sa famille. Mais cela n’a jamais été fait. La question inquiétait certainement le régime de Compaoré. Sinon pourquoi n’a-t-elle pas été exécutée ?

Cette mesure n’est pas la seule annonce de cette soirée historique. Le président Michel Kafando s’est aussi engagé à rompre d’avec les maux de l’ancien régime. «  Plus jamais d’injustice, plus jamais de gabegie, plus jamais de corruption ». « La morale » sera « à la première place dans l’exercice du pouvoir politique », a-t-il ajouté.

Ce que le peuple attend maintenant, ce sont les actes. Le président Kafando a fait ces déclarations sachant qu’il a seulement un an pour les réaliser. Autant dire que les 12 prochains ne seront pas de tout repos pour celui qui avait déjà pris sa retraite. Il doit non seulement se donner les moyens de réaliser ces promesses, mais aussi et surtout conduire le pays à des élections libres, équitables et transparentes. Mais une chose me paraît évidente : en une année, quelle que soit sa volonté, sa tâche sera rude après les dégâts causés sous l’ère Compaoré l. Les Bburkinabè doivent surtout se préparer à élire un président qui puisse répondre à leurs aspirations profondes.

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Auteur·e

L'auteur: Judicael
Judicael Gael LOMPO, est diplômé de l'école de Communication et Journalisme de l'université de Ouagadougou. Il s'intéresse aux réseaux sociaux, médias et développement.

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