• Accueil
  • A Propos
  • Qui suis-je?
L'enfant du pays
Article : Gilbert Diendéré : la mémoire du régime de Blaise Compaoré
Politique
4
7 octobre 2015

Gilbert Diendéré : la mémoire du régime de Blaise Compaoré

L’arrestation du général Gilbert Diendéré suscite de l’espoir chez beaucoup de Burkinabè. Au-delà de l’affaire du récent coup d’Etat manqué, les Burkinabè espèrent aussi voir la lumière sur d’autres dossiers pendants comme ceux de Thomas Sankara et de Norbert Zongo.

Le général Gibert Diendéré ! Même aux arrêts, l’homme suscite de la crainte pour les uns et des interrogations pour les autres. A lui seul, il détient un pan important de l’histoire récente du Burkina Faso.

Il détiendrait des informations sur plusieurs évènements que le pays a connus. Mais l’homme s’est toujours caché derrière son silence légendaire.  Ce qui est évident, pour avoir été le « bras droit » de Blaise Compaoré depuis longtemps, cet homme est une mine d’informations. Si l’on exploitait cette mine, on mettrait certainement la lumière sur beaucoup de dossiers pendants au Pays des hommes intègres. C’est un témoin clé des périodes révolutionnaires et post-révolutionnaires au Burkina Faso. « En août 1983, quand Thomas Sankara a proclamé la révolution, ils étaient trois officiers à ses côtés : Blaise Compaoré, Jean-Baptiste Lingani et Henri Zongo. Diendéré était le cinquième homme. En retrait certes, mais déjà au cœur du système », écrit Jeuneafrique.

 

Les quatre hommes forts de la révolution d'août 1983
Les quatre hommes de la révolution d’août 1983

Il est suspecté d’avoir des informations qui peuvent clarifier l’assassinat du chef de la révolution burkinabè. Le général Gilbert Diendéré, lui-même, a donné « sa version des faits » dans un livre de Ludo Martens (Sankara, Compaoré et la révolution burkinabè, EPO, 1989). « [Nous avons été prévenus] que Compaoré, Lingani et Zongo seraient arrêtés ce soir. […] Notre réaction a été qu’il fallait arrêter Sankara avant que l’irréparable ne se produise. […] Sankara tenait comme toujours son arme, un pistolet automatique, à la main. Il a immédiatement tiré et tué un des nôtres. À ce moment, tous les hommes se sont déchaînés ». Ce n’est que sa version.  Deux ans après, le capitaine Henri Zongo et le commandant Jean Baptiste Boukary Lingani sont accusés, à leur tour, d’avoir ourdi un complot pour éliminer le président Blaise Compaoré. Ils ont été passés par les armes le 19 septembre 1989.

D’ailleurs les avocats des parties civiles du dossier Thomas Sankara étaient convoqués le 17 septembre 2015 pour « prendre connaissance des conclusions des rapports de l’expertise balistique et de l’autopsie après exhumation des restes présumés » de l’ancien président. C’est la date du coup de force. Mais la mise aux arrêts du général peut faciliter l’avancée des enquêtes et lever le voile sur l’assassinat du président Thomas Sankara.

Après le coup d'Etat le général et ses soldats n'ont se sont pris aux médias
Photo J.Lompo le général et ses hommes avant l’échec du coup d’Etat

L’autre dossier, c’est celui du journaliste Norbert Zongo et ses trois compagnons. Là le général n’est pas directement impliqué. Mais étant donné que ce sont des éléments de l’ex-régiment de sécurité présidentielle qui ont mené l’opération macabre, il pourrait avoir des informations précises sur ce crime.

Mais ce n’est pas seulement sur ce genre de dossiers qu’on l’attend. Le fidèle parmi les fidèles de Blaise Compaoré peut avoir des informations aussi sur des crimes économiques ou autres malversations. C’est pourquoi certains pensent qu’il pourrait mettre en cause même certains membres du gouvernement de la transition ou des politiciens.

« J’invite la jeunesse à rester calme, à taire leur passion parce que Diendéré va nous éclairer, Diendéré va parler et il faut qu’il parle. (…) S’il disparaît, ce sera un pan entier de notre histoire qui va être enterrée. Même Blaise ne peut pas répondre à la place de Diéndéré. C’est le détenteur de l’histoire de notre pays. Si Diendéré parle, je pense que beaucoup de gens vont fuir ce pays. Que ce soit ceux qui sont dans le gouvernement de la transition ou ceux qui sont dans les partis politiques, beaucoup de gens vont fuir », soutient Valère Somé.

Alors on attend que le général Gilbert Diendéré parle. Mais pour l’instant, l’homme est accusé, entre autres d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat», de « collusion avec des forces étrangères pour déstabiliser la sécurité intérieure », de « meurtres, coups et blessures volontaires, complicité de coups et blessures  et de destruction volontaire de biens ». En tout, celui qui s’est mis à la disposition de la justice burkinabè doit répondre à onze chefs d’accusation.

Lire la suite
Article : Burkina Faso : le nouveau lexique spécial coup d’Etat
Politique
4
25 septembre 2015

Burkina Faso : le nouveau lexique spécial coup d’Etat

Le lexique des Burkinabè s’est agrandi. Des mots que vous ne verrez jamais dans un dictionnaire : « Diendériser », « Ablasser », « Léoncer »… Mais au Burkina, ces mots ont actuellement un sens profond.

Tout en relayant les informations du putsh sur Internet, les internautes burkinabè ont tourné en dérision les acteurs de cette crise. Le tout-puissant général, a certainement eu pour son compte.

Ainsi la « diendérise » ou « diendérade » signifie désormais au Pays des hommes intègres « une grosse connerie sans pareille » comme un « coup d’Etat bête ». Les internautes ont créé aussi le verbe « léoncer ». Comprenez par-là « dormir » ou se reposer « s’assoupir pendant un événement important ». Je crois que ce mot fait allusion à Léonce Koné, vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Celui-ci se serait assoupi lors de la rencontre avec les médiateurs de la Cédéao. L’autre star de ce nouveau lexique à la burkinabè est Achille Tapsoba. Ce dernier, membre du bureau exécutif national du CDP, a été arrêté par des manifestants alors qu’il serait en train de gagner le Ghana, pays voisin du Burkina. En fait il voulait « fuir ». C’est ainsi qu’« achiller » est devenu synonyme de « fuir ». Même si l’intéressé nie toute tentative de fuite, le verbe est créé.

Publication prise sur Facebook. Le tout nouveau dictionnaire ''LE PETIT ETALON'' est disponible aux éditions la RESISTANCE. Vous y trouverez des chroniques, des proverbes et surtout de nouveaux concepts. Il est gratuit – à Editions la Resistance-Burkina Faso.
Publication prise sur Facebook.
Le tout nouveau dictionnaire  »LE PETIT ETALON » est disponible aux éditions la RESISTANCE. Vous y trouverez des chroniques, des proverbes et surtout de nouveaux concepts. Il est gratuit – à Editions la Resistance-Burkina Faso.

Ce ne sont pas seulement les partisans du coup d’Etat qui ont inspiré les internautes. Ablassé Ouédraogo, du Faso autrement, en a eu pour son compte aussi. C’est vrai que depuis un certain temps ses sorties médiatiques laissaient à désirer. Sur les antennes de Rfi, le « Moagha » a soutenu l’amnistie pour les putschistes. Ce qui a enrichi le nouveau lexique des Burkinabè : « ablasser », signifierait « dire des stupidités ». Même les mots militaire et civil ont changé de signification. Désormais, il faut comprendre par « militaire » une personne ayant des armes, mais ne sachant pas s’en servir. En revanche, un civil  burkinabè est un « militaire très courageux », mais ne disposant pas d’arme. Les premiers sont accusés d’avoir mis du temps avant d’intervenir dans la crise alors que les seconds sont loués pour leur courage. Même les médiateurs de la Cédéao ont inspiré les internautes pour l’enrichissement du lexique burkinabè.  Ainsi « yayiboniser » =   faire une promesse que vous ne tiendrez pas et « mackysalliser » = ne pas dire la vérité. Le président Yayi Boni avait annoncé « la bonne nouvelle » dès le 18 septembre en parlant du projet d’accord. Ce projet d’accord a été rejeté par les populations. Ça y est ! Maintenant vous aussi, vous connaissez le nouveau lexique au Faso.

Mais chers lecteurs, c’est juste pour s’amuser après une semaine de folie. Une semaine pendant laquelle nous avons été beaucoup diendérisés et pendant laquelle on n’a pas pu léoncer comme on voulait. Au contraire on a passé le temps à achiller devant les éléments du RSP. Ceux qui sont venus aider nous ont yayibonisés. Ils nous ont même mackysallisés. La semaine était dure à telle enseigne que certains d’entre nous ont commencé à ablasser. Mais aujourd’hui, tout est en train de rentrer dans l’ordre. Je peux maintenant léoncer tranquillement.

 

Lire la suite
Article : Coup d’Etat au Burkina : Le CND tente de museler la presse
Politique
1
20 septembre 2015

Coup d’Etat au Burkina : Le CND tente de museler la presse

Plusieurs médias ont reçu la visite des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dès l’arrestation des autorités de la transition. Ces médias, notamment les radios ont été sommées de cesser toute émission. Ces décisions semblent donner raison à ceux qui croient que le Conseil national pour la démocratie (CND) veut faire taire les médias nationaux, souvent dans la violence.

Après le coup d'Etat le général et ses soldats n'ont se sont pris aux médias
Photo J. Lompo Après le coup d’Etat le général et ses soldats s’en sont pris aux médias

 

Faire taire toute voix discordante. C’est l’objectif visé par ceux qui tentent par tous les moyens d’annihiler l’action des médias. Après l’arrestation des autorités de la transition, les médias ont été les premières cibles de musellement du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et le Conseil national pour la démocratie (CND). Tour à tour, ils ont procédé à une fermeture systématique des stations de radio. Surtout celles qui condamnaient le passage en force du RSP. Omega FM, Radio liberté, Ouaga FM, Savane FM pour ne citer que celles-ci, ont été forcées de cesser d’émettre.

Cette fermeture est souvent accompagnée de violence. C’est le cas de la radio Oméga FM où après fermeture, « les soldats ont mis le feu aux motos de certains journalistes », selon un animateur de la station radio. Pour m’assurer de la véracité de l’information, j’ai appelé un journaliste de cette station qui m’a confirmé, encore sous le choc que, quatre à cinq motos ont été brûlées.

Dans un communiqué, l’association des professionnels des médias a d’ailleurs condamné cette attitude. « Ils font irruption dans certaines radios et télévisions de la capitale où ils ont déjà fait arrêter manu militari les émissions, brutalisé certains journalistes ou confisqué leur matériel de travail. A la radio Oméga FM, ils ont même incendié les motos du personnel avant de quitter les lieux », explique l’association. Ouaga FM, Savane FM ont aussi connu des incendies.

La « radio de la résistance »

C’est dans ce contexte de fermeture presque totale des stations radio, qu’une autre est née: la radio de la résistance. Elle a été créée au deuxième jour du soulèvement du peuple burkinabè contre le coup d’Etat.Personne ou très peu de gens savent où elle est localisée. Dans la clandestinité, elle émet sur 108.0 FM. Durant toute cette journée, elle diffuse les messages de la résistance notamment les déclarations du président du Conseil national de la transition (CNT), Shérif Sy.

Le CNT fait figure d’Assemblée nationale puisqu’il regroupe les députés de la transition. En l’absence du chef de l’Etat, Shérif Sy, président du parlement intérimaire, appelle toutes les composantes de la population à rejeter et à résister face à la forfaiture du RSP. La radio de la résistance, comme son nom l’indique, est dès lors la voix des résistants. La voix de ceux qui disent non au coup d’Etat et appellent au rétablissement du gouvernement et aux autres institutions de la transition.

Mais hélas ! Cette voix a aussi été coupée. La radio de la résistance a cessé d’émettre depuis samedi 19 septembre 2015.

La revanche des réseaux sociaux

Journalistes, activistes et autres « résistants » prennent leur revanche sur internet. La radio Oméga a pu renaître de ses cendres sur la Toile. Facebook et Twitter sont donc devenus les nouveaux canaux par lesquels, on informe et l’on s’informe.

Même si certaines de ces informations sont difficiles à vérifier, les réseaux sociaux demeurent, à l’heure où je trace ces lignes, le moyen le plus adéquat pour s’exprimer librement. Et le peuple burkinabè en profite pour contourner la censure du général et de ses bidasses. Les images de la mobilisation dans les autres villes, les déclarations à la résistances sont continuellement diffusées sur les réseaux sociaux.

Ouahigouya, Fada N’Gourma, Bobo-Dioulasso, Gaoua etc. Toutes les localités du pays montrent leur engagement et détermination contre le coup de force.

 

Lire la suite
Article : Situation au Burkina : le Coup d’Etat confirmé par le CND
Politique
2
17 septembre 2015

Situation au Burkina : le Coup d’Etat confirmé par le CND

Un homme en tenue militaire du Régiment de sécurité présidence (RSP) annonce la dissolution du gouvernement et des autres institutions. Il annonce aussi la création d’un Conseil national pour la démocratie (CND).

Le Gl Diendéré est annoncé à la tête du CND
Le Gl Diendéré est annoncé à la tête du CND

« Aujourd’hui 17 septembre 2015, les forces patriotiques et démocratiques alliant toutes les composantes de la nation et réunies au sein du Conseil National pour la Démocratie (CND) ont décidé de mettre un terme au régime déviant de la transition », a déclaré l’officier sur les antennes de la télévision nationale. C’était attendu depuis l’annonce de l’arrestation du président du Faso, de son Premier ministre et deux autres ministres. Ce que l’on redoutait vient de se confirmer. Le coup d’Etat vient d’être annoncé par un officier en tenue du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP). L’homme annonce la dissolution des institutions du gouvernement de transition, le Conseil national de la transition (CNT) :

  • Premièrement, le Président de la transition est démis de ses fonctions –
  • Deuxièmement, le gouvernement de transition est dissous –
  • Troisièmement, le Conseil national de transition est dissous –
  • Quatrièmement, une large concertation est engagée pour former un gouvernement qui se dévouera à la mise en norme politique pour aboutir à des élections inclusives et apaisées

Ce Conseil national pour la démocratie accuse la transition d’avoir détourné la révolution des objectifs du peuple burkinabè. « Instauré à la suite de l’insurrection victorieuse du peuple des 30 et 31 octobre 2014, le régime de transition s’est progressivement écarté des objectifs de refondation d’une démocratie consensuelle ». « La loi électorale, taillée sur mesure pour des individus et décriée par les instances et les hommes de droit, se dresse alors comme un outil de négation des valeurs de notre peuple, fondées sur l’esprit de justice, d’équité et de tolérance », a-t-il poursuivi. Le CND voudrait également rassurer la communauté régionale et internationale, les partenaires au développement de sa détermination à respecter les accords qui engagent le Burkina Faso.

Il demande le soutien du peuple burkinabè : « Le Conseil national de la démocratie appelle tous les Burkinabè à soutenir activement et massivement, dans un esprit de tolérance, le processus de reconstruction engagé dans le calme, la discipline et le travail ». Pendant ce temps dans les médias internationaux, responsables politiques et de la société civile appellent le peuple burkinabè à la résistance. Il faut sauver le peuple burkinabè disent-ils en substance. Et pour cela ils appellent leurs militants, leurs partisans à rester mobilisés.

Sur la télévision nationale, des communiqués du CND annoncent la désignation du Général Gilbert Diendéré comme président, l’instauration d’un couvre-feu, la fermeture des frontières et appellent les secrétaires généraux des ministères à assurer les affaires courantes. Gilbert Diendéré est un proche de Blaise Compaoré, ancien chef d’Etat major particulier de la présidence. Il est aussi proche du président du CDP, Eddie Komboigo. Pendant ce temps, les courses poursuites continuent dans les rues de Ouagadougou et les coups de feu se font entendre dans les quartiers au moment où nous traçons ces lignes.

Lire la suite
Article : Burkina: le parti de Blaise Compaoré menace de boycotter les élections
Politique
0
27 août 2015

Burkina: le parti de Blaise Compaoré menace de boycotter les élections

Décidément l’actualité politique évolue très vite à Ouagadougou. Alors que je me penchais sur les favoris de la présidentielle d’octobre 2015, une nouvelle est tombée. Le Conseil constitutionnel a déclaré inéligibles aux législatives plusieurs candidatures du parti de Blaise Compaoré et de ses acolytes.

Ils sont arrivés au siège de leur parti avec un air détendu, l’esprit serein. Certains prenaient le temps de faire le V de la victoire face aux caméras de médias étrangers présents. Mais en réalité, cette victoire n’est plus à l’ordre du jour au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Ils viennent de recevoir un coup de massue sur la tête. A telle enseigne que les visages n’ont pas tardé à se fermer. Le Conseil constitutionnel a déclaré inéligibles aux élections législatives une quarantaine de candidatures de l’ex-majorité. Et les déclarations qui fusent ne sont pas de nature à apaiser la situation.

1
Le CDP réfute la décision du Conseil constitutionnel et menace de se retirer des élections.

« Si nos membres exclus des élections ne sont pas réintégrés, nous n’irons à aucune élection. Nous n’avaliserons pas une opération de transmission du pouvoir maquillée en élections ». C’est en résumé, ce qui ressort de la déclaration liminaire du groupe du 9 avril, lue par Achille Tapsoba du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Parmi les exclus deux candidats qui briguaient aussi la magistrature suprême : Gilbert Noël Ouédraogo, chef de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) et Eddie Constance Komboïgo à la tête du CDP.

Le CDP ne compte pas rester sans rien faire. Selon les membres du parti présents à la conférence de presse, ils mèneront des actions dans les jours à venir pour que leurs candidats soient réintégrés. Si le Conseil constitutionnel semble ne pas avoir pris en compte la décision de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ex-parti au pouvoir met son dernier espoir dans les mains de la communauté internationale. « Nous lançons un appel aux chefs d’Etat de la Cédéao et à la communauté internationale à faire respecter la décision de la Haute Cour de justice de la Cédéao ». Au plan national, ils mobilisent leurs militants contre cette décision : « Nous appelons nos militants à refuser avec détermination cette dérive très grave à notre démocratie », ont-ils déclaré.

Enfin, le Congrès pour la démocratie et le progrès envisage de lancer une campagne de désobéissance civile sur toute l’étendue du territoire national. « Nous appelons nos militants de même que tous les défenseurs de la démocratie, sur toute l’étendue du territoire, à entreprendre toute action entrant dans le sens de la désobéissance civile », a annoncé Achilles Tapsoba.

Reste à savoir si avec cette situation, les proches de Blaise Compaoré peuvent encore mobiliser des troupes. Qui est encore prêt à prendre des risques pour le CDP. A moins d’un mois de l’ouverture de la campagne électorale des élections couplées législatives et présidentielle, le pays a plus que besoin de calme et d’apaisement.

 

Lire la suite
Article : Présidentielle au Burkina : les favoris, les faiseurs de roi et les tocards
Politique
5
25 août 2015

Présidentielle au Burkina : les favoris, les faiseurs de roi et les tocards

Dans un pays où le cheval est un symbole important, il n’est donc pas étonnant ni outrageux de faire une comparaison entre la course à la présidence du Faso et la course hippique. Après avoir fait partir l’homme fort, Blaise Compaoré, les Burkinabè se préparent à élire un nouveau président le 11 octobre 2015. Ils pourraient choisir parmi 22 candidats si toutefois toutes les candidatures sont validées. Mais comme au pari hippique, tous les candidats n’ont pas les mêmes performances. Il y a donc des favoris, des faiseurs de roi et des tocards.

La course pour la présidence du Faso est lancée après le départ forcé de Blaise Compoaré
La course pour la présidence du Faso est lancée après le départ forcé de Blaise Compoaré

1. Les favoris

Zéphirin Diabré de l’Union pour le changement (UPC), créée seulement en 2010. L’ancien chef de file de l’opposition a le mérite d’avoir réorganisé l’opposition pour dire non à la mise en place du Sénat et à la modification de l’article 37 de la Constitution. Ministre du Commerce, de l’Industrie et des Mines de Blaise Compaoré entre 1992 et 1994, Il a par la suite occupé des postes importants à l’international : directeur Afrique et Moyen-Orient d’Areva (2006-2011), directeur général adjoint du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), à New York, de 1999 à 2006. « Zeph » est considéré comme le candidat favori.

Rock Marc Christian Kaboré. Il se présente sous la bannière du Mouvement pour le peuple (MPP). Pendant le règne de Blaise Compaoré, il a occupé l’important poste comme premier ministre et a été président de l’Assemblée nationale . C’est en janvier 2014 que Rock Marc Christian Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré ont quitté le navire Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) pour créer leur parti. Ils sont considérés comme ceux qui ont participé activement à asseoir la domination de l’ancien parti au pouvoir. Ils ont réactivité leurs anciennes bases et il faudra compter avec eux pour cette présidentielle.

2. Les faiseurs de roi

  • Ablassé Ouédraogo, du Faso autrement. Sauf surprise, y compris pour lui-même, il ne sera pas élu. Mais il pourra être utile aux autres candidats en cas de deuxième tour. Il a été ministre des Affaires étrangères et occupé des postes internationaux.
  • Eddi Komboïgo est le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de Blaise Compaoré. Eddi Komboïgo est perçu comme un candidat par défaut. L’homme serait un ami intime de Gilbert Diendéré, ancien chef d’état-major particulier et bras droit de Blaise Compaoré. En dépit de la situation défavorable, le CDP pourrait quand même jouer un rôle important en cas de second tour.
  • Gilbert Noel Ouédraogo est le candidat de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) (ADF/RDA). Le parti de l’éléphant a perdu sa force dans les évènements des 30 et 31 octobre 2014. Fils de l’ancien premier ministre Gérard Kango Ouédraogo, à 46 ans Gilbert Noël se présente pour la première fois après avoir soutenu la candidature de Blaise Compaoré à deux reprises.
  • Ces deux partis alliés n’ont peut-être plus la force de conquérir le pouvoir, mais ils peuvent aider à le conquérir.
  • Me Bénéwendé Stanislas Sankara de l’Union pour la renaissance/ Parti sankariste (UNIR/PS) sera probablement faiseur de roi. Il s’est fait connaître en défendant les dossiers sérieux comme ceux de Thomas Sankara et de Norbert Zongo. Ayant activement participé à la lutte contre la modification de l’article 37, il est en mesure de rallier des électeurs, mais pas en nombre suffisant pour le conduire au palais présidentiel. Sa tentative de regrouper les autres partis sankaristes autour de sa candidature a échoué. Il pourrait bénéficier du soutien de Mariam Sankara, la veuve de Thomas Sankara. Il a déjà été candidat aux présidentielles de 2005 et 2010.

3. Les tocards

  • Adama Kanazoe. Membre de l’Alliance des jeunes pour l’indépendance et la République (AJIR), trentenaire,il est appelé à jouer un rôle important dans un proche avenir. Mais cette année, la course sera très difficile pour ce jeune étalon.
  • Issaka Zampaligré est un candidat indépendant. Sauf séisme, ce cinquantenaire ne devrait pas terminer premier de la course à la présidence du Faso.
  • Françoise Toe, Victorien Tougma, Salvador Maurice Yaméogo partent d’ores et déjà perdants pour cette élection. Candidats indépendants méconnus ou de partis politiques peu connus, ils pèseront peu, même en cas de jeux des alliances.
Lire la suite
Article : Deux anciens dignitaires de Blaise Compaoré mis aux arrêts au Burkina
Politique
0
19 août 2015

Deux anciens dignitaires de Blaise Compaoré mis aux arrêts au Burkina

Jérôme Bougouma et Jean Bertin Ouédraogo sont transférés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco). Ces anciens ministres de Blaise Compaoré sont accusés de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite.

Ils avaient déjà été interpellés en avril 2015, mais relaxés pour vice de forme. L’ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, Jérôme Bougouma et l’ancien ministre des Infrastructures, du Désenclavement et du Transport, Jean Bertin Ouédraogo ont été arrêtés et transférés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) le 14 août 2015. Le troisième, Arthur Kafando ancien ministre du Commerce qui devrait aussi être entendu par la Haute Cour de justice ne s’est pas présenté. Il aurait quitté le pays.

 

Ces anciens ministres sont accusés de détournements de deniers publics et d'enrichissement illicite
Ces anciens ministres sont accusés de détournements de deniers publics et d’enrichissement illicite

Ils sont tous accusés de détournement de deniers public et d’enrichissement illicite. Jérôme Bougouma, ancien ministre de l’Administration du territoire et de la Sécurité est accusé de détournements de deniers publics et d’enrichissement illicite portant sur la somme de trois milliards de francs CFA. L’ancien ministre des Infrastructures, Jean Bertin Ouédraogo est accusé de  détournement de deniers publics et enrichissement illicite portant sur 1.000.000.000 FCFA ». Les charges retenues par le Conseil national de la Transition contre l’ancien ministre du Commerce, Arthur Kafando sont : « faux et usage de faux, détournement de deniers publics portant sur la somme de 78.865.595 FCFA ». Ils risquent 5 à 20 ans de prison s’ils sont reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés.

En avril dernier, ils avaient été relaxés parce que les membres de la Haute Cour de justice, la seule habileté à juger les anciens ministres sur des faits commis dans l’exercice de leur fonction,  n’étaient pas installés. Mais cette cour composée a été installée le 17 avril 2015.

Ces trois personnalités du régime de Blaise Compaoré ne sont pas les seuls. D’autres dossiers seraient en cours contre d’autres dignitaires dont Blaise Compaoré lui-même et son premier ministre Luc Adolph Tiao. Ils sont accusés de  « coups et blessures volontaires, assassinats et complicités de coups et blessures et d’assassinats ».

 

Lire la suite
Article : Le président maintient Zida au poste de premier ministre
Politique
0
17 juillet 2015

Le président maintient Zida au poste de premier ministre

Son message était attendu des Burkinabè. Le suspense n’a pas trop duré, il a pris fin le 16 juillet. Le président Michel Kafando a tranché en faveur du premier ministre Isaac Zida dans la crise qui opposait ce dernier au Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Le premier ministre Yacouba Isaac Zida va rester à son poste jusqu’à la fin de la transition. C’est du moins, la décision que le président, Michel Kafando, a prise après les travaux du cadre de concertation des sages.
Le président du Faso a, ainsi, maintenu Zida en dépit de la pression de ses frères d’armes qui exigeaient le retrait de tous les militaires du gouvernement de transition. Il a estimé que le retrait des militaires du gouvernement mettrait à mal la transition. Et saperait le processus de transition à trois mois des échéances électorales.
Il a par ailleurs opéré quelques remaniements au sein du gouvernement. Le ministère de la Défense qui était jusque-là détenu par le premier ministre reviendra au président du Faso lui-même. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Sécurité, détenu par Auguste Barry, un autre militaire proche de Zida sera divisé en deux : un ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, et un ministère de la Sécurité. Ces remaniements éviteraient, les militaires frondeurs à avoir à exécuter les ordres de ceux qu’ils contestent.
Et le président d’appeler les militaires à plus de responsabilité. Il a déclaré : « Je le dis tout net, il n’est pas juste que pour des intérêts divergents, notre armée nationale dont c’est la mission de protéger la paix au Burkina Faso, en vienne à être le perturbateur de la paix au Burkina Faso. Où est donc cette armée nationale, cette armée modèle à laquelle on se réfère tant dans les missions de maintien de la paix à l’extérieur ? ».
Cela va-t-il calmer les militaires ?
Rien n’est moins sûr. Jusque-là, aucune raison objective des exigences de RSP n’a été communiquée. Donc difficile de savoir si cette décision du président Michel Kafando va leur plaire ou pas. Ce qui est sûr, l’armée était partie prenante du processus de transition tripartite. A savoir les partis politiques, la société civile et l’armée. Ce sont ces trois entités qui forment le gouvernement de transition et le Conseil national de la transition qui fait office d’Assemblée nationale. Le retrait d’une entité de ce processus ne ferait retarder les élections prévues le 11 octobre 2015 et miner la transition.
Le parti de Blaise Compaoré s’était aligné immédiatement derrière le RSP amenant certains à conclure qu’ils agissent ainsi pour le report des élections. Ce qui permettra à l’ancienne majorité de mieux se préparer pour les élections. Si cela est avéré, c’est que dans quelques jours nous aurons encore d’autres revendications. Le président dans son discours a précisé que, les militaires par leurs agissements, ont mis la transition en péril trois fois en huit mois. Ce qui va croire à certains que les bidasses du RSP agissent sous l’ordre des gens qui n’ont pas intérêt à ce que la transition achève sa mission.

Photo_afriquenewsinfos Le président Michel Kafando va jouer encore le médiateur dans cette crise.
Photo_afriquenewsinfos
Le président Michel Kafando maintient Zida à son poste de premier ministre pour sauver la transition.

 Un contexte tumultueux
Cette décision intervient dans un contexte où la Cédéo demande à l’Etat du Burkina Faso de recadrer l’article 135 du code électoral qui « exclurait » beaucoup de personnes. Le président a assuré que le Burkina sera respectueux de ses engagements internationaux. Mais les proches du président déchu ne réjouissent pas pour autant. Les dignitaires de l’ancien régime : Blaise Compaoré et une douzaine de ses ministres sont mis en accusation. Le Conseil national de la transition a adopté une résolution portant accusation de détournements de deniers publics, enrichissements illicites, et même assassinats et complicité d’assassinats.

Lire la suite
Article : La Cédéao condamne le Burkina pour son nouveau code électoral
Politique
1
13 juillet 2015

La Cédéao condamne le Burkina pour son nouveau code électoral

Les partis politiques de l’ancienne majorité crient victoire. La Cédéao (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest) a jugé le nouveau code électoral du Burkina exclusif notamment en son article 135. C’est ce texte qui empêchait les personnes ayant soutenu Blaise Compaoré dans sa volonté de modifier la Constitution de se présenter aux élections à venir. Une victoire à relativiser tout de même.

La Cour de justice de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest a jugé que le nouveau code électoral du Burkina « exclusif ». Le verdict qui est tombé d’Abuja dans la matinée du 13 juillet 2015 sonne comme une victoire de l’ex-majorité avec à sa tête le parti de Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Le nouveau code stipulait en son article 135 que « toutes les personnes ayant soutenu un changement anticonstitutionnel qui porte atteinte au principe de l’alternance démocratique notamment au principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels ayant conduit à une insurrection ou à toute autre forme de soulèvement» ne pouvaient participer aux élections à venir.

Cet article excluait donc toutes les personnes qui ont soutenu Blaise Compaoré dans sa tentative de modification de l’article 37 de la Constitution pour se représenter. Cette disposition a été attaquée par 7 parties de l’ancienne majorité et 13 personnalités auprès de la Cour de justice de la Cédéao.  Le 13 juillet 2015, la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest a estimé que le Burkina Faso est en « violation flagrante des droits de l’homme, des libertés d’opinion, y compris politiques, notamment  la liberté de participer aux élections et d’être élu ». Les ténors des partis de l’ex-majorité peuvent donc se frotter les mains. Car ils pourraient participer aux élections présidentielle et législatives du 11 octobre 2015.

Décision ambiguë

La Cour de justice de la Cédéao ne demande pas au Burkina Faso d’abroger la loi, juste la limiter. « Elle précise que des restrictions peuvent exister mais qu’elles ne peuvent concerner que les dirigeants de l’Etat qui étaient au pouvoir au moment des faits ». Alors que dans le camp CDP, l’on se réjouit, du côté de la défense, on prend acte. « Ce qu’on nous demande, c’est simplement de recadrer la loi, pour qu’il n’y ait pas d’exclusion massive » explique l’avocat de l’Etat du Burkina Faso, Me Guy Hervé Kam.

La décision de la Cedeao fait des heureux dans le camp de l'ex-majorité
La décision de la Cédéao fait des heureux dans le camp de l’ex-majorité

Il faudrait néanmoins préciser le terme « les dirigeants au pouvoir au moment des faits ». Si les ministres de l’ancien régime sont des « dirigeants au pouvoir au moment des faits », (alors que la partie n’est pas totalement gagnée pour certains), Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré serait donc exclu des élections. Et si les députés ayant soutenu la tentative de modification de la Constitution sont des « dirigeants au pouvoir au pouvoir au moment des faits », alors le candidat du CDP nouvellement investi sera exclu.

Cette décision intervient à trois mois des élections présidentielle et législatives. Mais aussi dans un contexte d’investiture de différents candidats à la présidentielle du 11 octobre 2015.

 

 

Lire la suite
« »
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
les nouvelles du continent, depuis le pays des hommes intègres

Auteur·e

L'auteur: Judicael
Judicael Gael LOMPO, est diplômé de l'école de Communication et Journalisme de l'université de Ouagadougou. Il s'intéresse aux réseaux sociaux, médias et développement.

Populaires

Article : Thomas Sankara : les tops et les flops de sa révolution
Thomas Sankara : les tops et les flops de sa révolution
15 octobre 2014
Article : Exportation de peaux d’ânes : les Chinois menacent l’espèce asine au Burkina
Exportation de peaux d’ânes : les Chinois menacent l’espèce asine au Burkina
15 juillet 2016
Article : Au Burkina, l’on s’apprête à l’identification du corps de Thomas Sankara
Au Burkina, l’on s’apprête à l’identification du corps de Thomas Sankara
23 novembre 2014
Article : Présidentielle de 2015 : Ablassé Ouédraogo déjà hors jeu
Présidentielle de 2015 : Ablassé Ouédraogo déjà hors jeu
10 juin 2015
Article : Burkina : les dinosaures quittent le navire CDP
Burkina : les dinosaures quittent le navire CDP
8 janvier 2014
L'enfant du pays © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
557