Burkina Faso : le nouveau lexique spécial coup d’Etat

Article : Burkina Faso : le nouveau lexique spécial coup d’Etat
Étiquettes
25 septembre 2015

Burkina Faso : le nouveau lexique spécial coup d’Etat

Le lexique des Burkinabè s’est agrandi. Des mots que vous ne verrez jamais dans un dictionnaire : « Diendériser », « Ablasser », « Léoncer »… Mais au Burkina, ces mots ont actuellement un sens profond.

Tout en relayant les informations du putsh sur Internet, les internautes burkinabè ont tourné en dérision les acteurs de cette crise. Le tout-puissant général, a certainement eu pour son compte.

Ainsi la « diendérise » ou « diendérade » signifie désormais au Pays des hommes intègres « une grosse connerie sans pareille » comme un « coup d’Etat bête ». Les internautes ont créé aussi le verbe « léoncer ». Comprenez par-là « dormir » ou se reposer « s’assoupir pendant un événement important ». Je crois que ce mot fait allusion à Léonce Koné, vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Celui-ci se serait assoupi lors de la rencontre avec les médiateurs de la Cédéao. L’autre star de ce nouveau lexique à la burkinabè est Achille Tapsoba. Ce dernier, membre du bureau exécutif national du CDP, a été arrêté par des manifestants alors qu’il serait en train de gagner le Ghana, pays voisin du Burkina. En fait il voulait « fuir ». C’est ainsi qu’« achiller » est devenu synonyme de « fuir ». Même si l’intéressé nie toute tentative de fuite, le verbe est créé.

Publication prise sur Facebook. Le tout nouveau dictionnaire ''LE PETIT ETALON'' est disponible aux éditions la RESISTANCE. Vous y trouverez des chroniques, des proverbes et surtout de nouveaux concepts. Il est gratuit – à Editions la Resistance-Burkina Faso.
Publication prise sur Facebook.
Le tout nouveau dictionnaire  »LE PETIT ETALON » est disponible aux éditions la RESISTANCE. Vous y trouverez des chroniques, des proverbes et surtout de nouveaux concepts. Il est gratuit – à Editions la Resistance-Burkina Faso.

Ce ne sont pas seulement les partisans du coup d’Etat qui ont inspiré les internautes. Ablassé Ouédraogo, du Faso autrement, en a eu pour son compte aussi. C’est vrai que depuis un certain temps ses sorties médiatiques laissaient à désirer. Sur les antennes de Rfi, le « Moagha » a soutenu l’amnistie pour les putschistes. Ce qui a enrichi le nouveau lexique des Burkinabè : « ablasser », signifierait « dire des stupidités ». Même les mots militaire et civil ont changé de signification. Désormais, il faut comprendre par « militaire » une personne ayant des armes, mais ne sachant pas s’en servir. En revanche, un civil  burkinabè est un « militaire très courageux », mais ne disposant pas d’arme. Les premiers sont accusés d’avoir mis du temps avant d’intervenir dans la crise alors que les seconds sont loués pour leur courage. Même les médiateurs de la Cédéao ont inspiré les internautes pour l’enrichissement du lexique burkinabè.  Ainsi « yayiboniser » =   faire une promesse que vous ne tiendrez pas et « mackysalliser » = ne pas dire la vérité. Le président Yayi Boni avait annoncé « la bonne nouvelle » dès le 18 septembre en parlant du projet d’accord. Ce projet d’accord a été rejeté par les populations. Ça y est ! Maintenant vous aussi, vous connaissez le nouveau lexique au Faso.

Mais chers lecteurs, c’est juste pour s’amuser après une semaine de folie. Une semaine pendant laquelle nous avons été beaucoup diendérisés et pendant laquelle on n’a pas pu léoncer comme on voulait. Au contraire on a passé le temps à achiller devant les éléments du RSP. Ceux qui sont venus aider nous ont yayibonisés. Ils nous ont même mackysallisés. La semaine était dure à telle enseigne que certains d’entre nous ont commencé à ablasser. Mais aujourd’hui, tout est en train de rentrer dans l’ordre. Je peux maintenant léoncer tranquillement.

 

Partagez

Commentaires

Benjamin Yobouet
Répondre

hahaha, même dans les moments de tension, les africains ont de l'humour et la créativité. C'est somme toute, ce qui fait la différence avec les autres.

Joli billet, bien à toi !

Judicael
Répondre

Merci à toi Benjamin!

Boukari Ouédraogo
Répondre

Avec la situation, je pense que beaucoup d'autres mots viendront s'ajouter au lexique;