Burkina: le parti de Blaise Compaoré menace de boycotter les élections

Article : Burkina: le parti de Blaise Compaoré menace de boycotter les élections
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27 août 2015

Burkina: le parti de Blaise Compaoré menace de boycotter les élections

Décidément l’actualité politique évolue très vite à Ouagadougou. Alors que je me penchais sur les favoris de la présidentielle d’octobre 2015, une nouvelle est tombée. Le Conseil constitutionnel a déclaré inéligibles aux législatives plusieurs candidatures du parti de Blaise Compaoré et de ses acolytes.

Ils sont arrivés au siège de leur parti avec un air détendu, l’esprit serein. Certains prenaient le temps de faire le V de la victoire face aux caméras de médias étrangers présents. Mais en réalité, cette victoire n’est plus à l’ordre du jour au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Ils viennent de recevoir un coup de massue sur la tête. A telle enseigne que les visages n’ont pas tardé à se fermer. Le Conseil constitutionnel a déclaré inéligibles aux élections législatives une quarantaine de candidatures de l’ex-majorité. Et les déclarations qui fusent ne sont pas de nature à apaiser la situation.

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Le CDP réfute la décision du Conseil constitutionnel et menace de se retirer des élections.

« Si nos membres exclus des élections ne sont pas réintégrés, nous n’irons à aucune élection. Nous n’avaliserons pas une opération de transmission du pouvoir maquillée en élections ». C’est en résumé, ce qui ressort de la déclaration liminaire du groupe du 9 avril, lue par Achille Tapsoba du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Parmi les exclus deux candidats qui briguaient aussi la magistrature suprême : Gilbert Noël Ouédraogo, chef de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) et Eddie Constance Komboïgo à la tête du CDP.

Le CDP ne compte pas rester sans rien faire. Selon les membres du parti présents à la conférence de presse, ils mèneront des actions dans les jours à venir pour que leurs candidats soient réintégrés. Si le Conseil constitutionnel semble ne pas avoir pris en compte la décision de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ex-parti au pouvoir met son dernier espoir dans les mains de la communauté internationale. « Nous lançons un appel aux chefs d’Etat de la Cédéao et à la communauté internationale à faire respecter la décision de la Haute Cour de justice de la Cédéao ». Au plan national, ils mobilisent leurs militants contre cette décision : « Nous appelons nos militants à refuser avec détermination cette dérive très grave à notre démocratie », ont-ils déclaré.

Enfin, le Congrès pour la démocratie et le progrès envisage de lancer une campagne de désobéissance civile sur toute l’étendue du territoire national. « Nous appelons nos militants de même que tous les défenseurs de la démocratie, sur toute l’étendue du territoire, à entreprendre toute action entrant dans le sens de la désobéissance civile », a annoncé Achilles Tapsoba.

Reste à savoir si avec cette situation, les proches de Blaise Compaoré peuvent encore mobiliser des troupes. Qui est encore prêt à prendre des risques pour le CDP. A moins d’un mois de l’ouverture de la campagne électorale des élections couplées législatives et présidentielle, le pays a plus que besoin de calme et d’apaisement.

 

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