2014 dans mon rétroviseur

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2 janvier 2015

2014 dans mon rétroviseur

Beaucoup d’évènements se sont passés  au cours de l’année 2014 au Burkina Faso. Et le pays a même a été à deux doigts du chaos. Quand je regarde dans le rétroviseur, je retiens quelques éléments qui nous ont marqué. De la démission des anciens ténors du CDP à celle du président du Faso, on peut que le pays a été mouvementé surtout sur le plan socio-politique.

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La chute du regime de Blaise Compaoré et la mise en place du gouvernement de transition sont les évèments marquants de 2014 au Burkina Faso

Je me rappelle qu’en début d’année 2014, parlant de la situation socio-politique, un spécialiste du droit constitutionnel affirmait que tout allait se jouer en 2014. Il a effectivement eu raison puisque dès le début de l’année la démission des ténors du Congrès pour la démocratie et le progrès a été un signe. Cet évènement annonçait déjà l’affaiblissement et l’isolement du parti de Blaise Compaoré et surtout la création d’un parti capable de s’opposer au CDP. Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo Simon Compaoré et les autres quittent le navire CDP et se positionnent aux côtés du Chef de file l’opposition politique.

Toujours sur le plan politique, Zéphirin Diabré et les autres membres de l’opposition politique ont organisé d’importantes marches-meetings contre la mise en place du Sénat et la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè. Le but étant de permettre à Blaise Compaoré de se représenté en 2015. L’opposition politique a organisé de ces marches en vue de manifester son désapprobation quant à la volonté de la majorité de tripatouiller la loi nationale au profit d’un seul individu : Blaise Compaoré. Ces nombreuses manifestations sans de véritables débordements, sont aussi le fruit des efforts du chef de file de l’opposition. Il peut se féliciter d’avoir pu réunir autour de lui toute l’opposition au moins pour dire non à un pouvoir à vie de Blaise Compaoré. Une société civile de plus organisée et déterminée qu’auparavant

L’évènement de l’année est sans doute le soulèvement populaire des 30 et 31 octobre 2014. Alors que le gouvernement a annoncé sa ferme volonté de porter le projet de loi devant l’Assemblée nationale en vue de modifier la Constitution, la population oppose une farouche résistance. Jamais un soulèvement n’avait atteint une telle ampleur. Les manifestants évacuent les députés de l’Assemblée nationale avant de l’incendier. Dans la capitale et plusieurs villes du Burkina, c’est le soulèvement. Les biens des dignitaires du régime sont détruits et le peuple exige tout simplement le départ de Blaise Compaoré du pouvoir. Il résiste mais finit par céder face à la pression populaire. Le lendemain Blaise Compaoré signe sa démission et c’est la débandade dans le camp CDP et alliés. Après de multiples négociations un gouvernement est mis en place pour assurer la transition et organiser les élections de 2015.

Le 13 décembre 2014. Le peuple burkinabè commémorait pour la première l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, sans le régime mis en accusation. Et pour la première fois des membres du gouvernement se joints aux manifestants pour demander vérité et Justice pour Norbert Zongo, ses trois compagnons mais aussi pour d’autres crimes. L’espoir d’avoir justice pour les différents crimes renait avec la chute du régime. Une nouvelle perspective s’ouvre pour le pays au cours de l’année 2014, mais de nombreux défis restent à relever.

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