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Yacouba Isaac Zida : Adulé, séquestré, et accusé

En un peu plus d’une année, Yacouba Isaac Zida a connu toutes les phases de la vie politique sous nos tropiques. Il est arrivé au pouvoir suite à l’insurrection populaire qui a anticipé le départ de Blaise Compaoré. Peu connu du grand public, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida a presque retiré les reines du pouvoir des mains du général Honoré Nabéré Traoré, alors chef d’Etat-major général des armées. Avant d’être nommé premier ministre du gouvernement de transition.

Yacouba Isaac Zida adulé

Le premier ministre Yacouba Isaac Zida a multiplié les déclarations et les actes populistes au risque même de provoquer le courroux  de ses frères d’armes. Le 13 décembre 2014, date anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses trois compagnons.

Le nouveau premier se rend à la place de la nation le 13 décembre 2014 pour commémorer avec le peuple l’assassinat de Norbert Zongo. Sous l’insistance de la foule, il est obligé de dire un mot.   « Justice sera rendue à tous ceux qui sont tombés sous les balles assassines de Blaise Compaoré », dit-il avant d’ajouter : « Je vous l’ai déjà dit et je le répète, le RSP est une unité militaire qui sera rattachée à l’Armée de terre pour d’autres missions. Des missions de lutte contre le terrorisme, des missions de lutte contre le banditisme » (lefaso.net)

C’est une option largement partagée au sein de la population. Mais qui marque le début d’un divorce entre lui et ses frères d’armes du RSP. Mais Zida semble de plus en plus pencher vers la volontaire populaire. Comme s’il cherchait à laisser de bonnes traces de son passage à la tête de l’Etat. D’aucuns lui prêtent même des ambitions politiques. L’opinion nationale applaudit les différentes arrestations dans le camp de l’ex-parti au pouvoir. Des anciens ministres et anciens maires sont arrêtés pour malversations. Tout cela fait monter la côte du premier ministre. Peu à peu il s’émancipe de son mentor, le général Gilbert Diendiéré et du RSP. Et trouve du soutien auprès de certaines organisations de la société civile.

Photo_afriquenewsinfos Yacouba Isaac ZIda, alors premier ministre avec le président de la transition, Michel Kafando.
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Yacouba Isaac ZIda, alors premier ministre avec le président de la transition, Michel Kafando.

Zida séquestré

Le premier ministre Zida est opposé à l’homme le plus craint du pays : le général Gilbert Diendiéré. Il échappe échappe à une première tentative d’assassinat. Le RSP persiste et la crise conduit à un léger remaniement du gouvernement. Le ministre de la sécurité, proche de Zida est remplacé un proche du général Diendiéré. Son sort semble scellé. Sa « tête pensante », le ministre de la sécurité, Auguste Denise Barry, est remplacé par un élément de son pire ennemi du moment. D’après certaines indiscrétions, le ministre Barry est celui qui était capable de déjouer les plans du RSP dans le gouvernement de la transition.

Yacouba Isaac Zida subit maintenant la pression et la foudre de ses anciens frères d’armes. Son appui se résume à quelques mouvements de la société civile.

Le 15 septembre 2015 le RSP décide d’exécuter son plan. Le premier ministre, Yacouba Isaac Zida, le président de la transition, Michel Kafando et deux de leurs ministres sont séquestrés par les éléments du RSP. Le lendemain, le général Gilbert Diendiéré confirme un coup d’Etat et prend la tête d’un Conseil national pour la démocratie (CND). Le coup d’Etat échoue grâce à une farouche opposition de la population et une grande partie de l’armée. Les « séquestrés » sont libérés et le général et certains de ses acolytes arrêtés.

Zida accusé de malversations

La fin de la transition devrait sonner comme un soulagement pour Yacouba Isaac Zida. Mais ce n’est pas le cas. Alors qu’on pensait qu’il sera nommé ambassadeur du Burkina Faso aux Etats-unis d’Amérique, le lieutenant-colonel promu général de division s’est « réfugié » au Canada. Les dirigeants actuels du pays l’accusent de malversations. Le président le somme de rentrer au pays pour rendre compte. Pour Roch Marc Christian Kaboré, il est « indispensable et obligatoire » pour lui de rentrer au pays et répondre. L’étau se resserre ainsi contre Yacouba Isaac Zida. Le héros de la transition n’a pour le moment pas donné de réponse face à ces accusations.

Certaines OSC plaident pour son retour alors que pour d’autres, « Zida doit revenir de gré ou de force s’expliquer sur les malversations dont il est accusé ».

 

Judicael

Judicael

Judicael Gael LOMPO, est diplômé de l'école de Communication et Journalisme de l'université de Ouagadougou. Il s'intéresse aux réseaux sociaux, médias et développement.

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