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Norbert Zongo : déjà 15 ans d’impunité

Voilà 15 ans que le journaliste Norbert Zongo, qui signait ses articles  Henri Sebgho, a été assassiné sur la route de Sapouy. Alors qu’il écrivait sur plusieurs dossiers brûlants notamment celui de David Ouédraogo, le directeur de publication du journal L’indépendant a été sauvagement assassiné, criblé de balles puis brûlé. Que reste-t-il aujourd’hui  de la mémoire de Henry Sebgho ?

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Le combat continue pour que justice soit rendue pour Norbert Zongo et ses trois compagnons

Le 13 décembre 1998, c’est la date fatidique, le jour de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses trois compagnons. Depuis cette date les citoyens burkinabè se sont mobilisés à travers des marches meeting dans tout le pays. Jamais assassinat d’un homme n’avait engendré autant d’écœurement et de révolte au « Pays des hommes intègres ». Des organisations syndicales, de défense des droits de l’homme, scolaires et estudiantines se sont mobilisées pour que justice soit faite pour Norbert Zongo et ses trois compagnons.

Quinze années après, justice n’est toujours pas rendue. Mais le nom de Norbert Zongo résonne toujours dans la mémoire du peuple burkinabè. Cela est vraiment important que sa mémoire soit toujours vivante dans l’esprit des Burkinabè. L’ensemble du peuple a toujours une pensée pour ce journaliste hors du commun dont le credo était les droits de l’homme. Il se souvient toujours de son œuvre, de son combat pour le peuple même si la mobilisation n’est pas comparable à celle du lendemain de cet acte crapuleux.  Petit à petit, le temps a joué son rôle et certains se sont découragés de cette lutte qui ne porte pas fruit. La justice burkinabè a conclu à un non-lieu dans cette affaire. Ce qui a conduit les défenseurs des droits de l’homme à scruter la justice internationale notamment  la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, à Arusha, en Tanzanie. On attend le délibéré. Cette situation trouble peut-être encore le sommeil de certaines personnes qui peuvent être mises en cause. Quelle que soit l’issue de cette affaire, des Burkinabè garderont toujours dans leur esprit le souvenir cet homme qui était un grand journaliste.

Lorsque les journalistes français ont été tués, au Mali, beaucoup de réactions sont venues du Burkina Faso. De nombreuses personnes ont déploré ce double assassinat. De Norbert Zongo, qui osera faire cas à l’occasion de ces 15 ans d’impunité ?

Madiba, repose en Paix !

La nouvelle est tombée comme une massue. Nelson Mandela n’est plus. L’un des combattants pour une Afrique du Sud sans ségrégation a tiré sa révérence. Les hommages qui fusent de partout montrent l’immense grandeur de l’homme.

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L’icône de la lutte anti apartheid, s’en est allé

Le vieux s’en est allé. On le savait fatigué, mais on se refusait de l’admettre. Ce qui était devenu un cauchemar depuis plusieurs mois est arrivé malheureusement ! Le combattant de la liberté, celui qui a voulu voir Blancs et Noirs libres dans une Afrique du Sud prospère pour tous ses habitants a passé l’arme à gauche. Celui pensait qu’« Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ».

« Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ». Cette déclaration lors du procès de Rivonia, en 1964, résume si bien toute la vie de cet homme. Et Dieu merci, à 95 ans, Nelson Mandela vu des changements importants dans la vie de la nation sud-africaine. Bien plus, il les a même vécus, puisqu’il a est le premier président de noir de l’Afrique du Sud. Madiba a su lutter quand il le fallait, il n’a faiblit devant aucun obstacle même pas devant l’ignominie et la violence des ségrégationnistes avec la clef 27 ans de prison.  Mais Mandela a su surtout se retirer quand il le fallait. Un seul mandat, et il a préparé et transmis le pouvoir à son successeur Tabo Mbeki. Nelson Mandal, c’est un exemple pour toute l’humanité.

Aujourd’hui les présidents africains et tous les présidents  du monde lui rendent hommage. C’est un hommage bien mérité pour Nelson Mandela. Mais ils gagneraient aussi à suivre son exemple. Il n’y a pas de « père de la Nation » plus que Mandela, personne d’autre n’a souffert autant pour son pays. En dépit de tout cela, Mandela ne s’est pas accroché au pouvoir comme le font les autres présidents africains. Mandela est aujourd’hui une icône. L’autre rôle de l’icône, c’est de servir d’exemple. Donc la meilleure façon de rendre hommage à Nelson Mandela, c’est de travailler à réaliser son idéal pour l’Afrique. Ce n’est pas seulement de dresser des tribunes à Paris et d’envoyer des messages tout en chassant qu’on fait le contraire.

Madiaba, tu as fait ce que tu as pu pour ton pays et pour toute l’Afrique. Aujourd’hui tu n’es plus simplement un Noir, pas seulement un Africain et tu appartiens à toute l’humanité. Patrimoine de l’humanité, repose en paix !

Lycées et collèges du Burkina Faso : quand la grève devient une (sale) habitude !

Le Burkina Faso connaît une série de grèves depuis 1998, surtout au mois de décembre. Des grèves qui ont fini par donner à certains élèves le goût de la paresse plutôt qu’un engagement pour une cause noble. Et ces derniers sont désormais nombreux dans les lycées et collèges du « Pays des hommes intègres ». Dans certains cas ces élèves invoquent des raisons mineures, presque rien. Parfois, ils sont prêts à mobiliser les autres pour un débrayage dont eux seuls connaissent les objectifs réels. Loin de nous, les temps où le « peuple réel » se battait pour la justice et la liberté du citoyen burkinabè.

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Photo lefaso.net
Les grèves au Burkina atteignent leur pic en décembre

Alors que ce matin-là j’étais chez mon mécano du quartier pour qu’il ajoute un peu d’air dans la roue arrière de ma motocyclette, je surpris la conversation d’une  catégorie d’élèves. Ces élèves qui partent toujours à l’école par obligation, qui ont hâte de voir les jours fériés arriver et qui souhaitent que le professeur soit malade ou tout simplement qu’il ne vienne pas au cours. C’est donc ce genre d’élèves que j’ai croisés. Ils étaient deux, chacun sur sa bicyclette, en route pour l’école. Et l’un d’eux a eu cette réflexion : « L’année scolaire n’est pas intéressante, jusqu’à présent, il n’y a pas eu de grève ». Et le deuxième de lui répondre, « Ahan, les grèves c’est en décembre. Ça va venir ». Des élèves qui ont retrouvé le chemin des classes, il y a à peine deux mois, cherchent déjà des occasions de cesser les cours ! Résultat : depuis plusieurs années le mois de décembre est effectivement ponctué de grève. C’est presque un mois perdu dans le système éducatif du Burkina Faso. Les enseignants ne considèrent plus ce mois dans leur temps de cours.

Une grève est observée sur toute l’étendue du territoire national à la date du 13 décembre commémorant ainsi la date anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Le 13 décembre 1998 est une date tristement célèbre dans l’histoire du Burkina Faso. Donc à chaque 13 décembre les élèves aussi réclament justice et vérité pour Norbert Zongo. Mais cette date et cette grève ne posent pas de problème.

Le problème ce sont les autres grèves qui se greffent par-ci par-là. Si par exemple un groupe d’élèves ne veut pas faire ses devoirs, ils sont capables d’entraîner tout un lycée ou les établissements d’une ville entière pour un problème qu’on pouvait résoudre sans avoir besoin de perdre des heures de cours. Parce qu’on a besoin d’un hangar dans un lycée, on fait sortir tous les élèves d’une ville en pillant au passage les stations d’essence et les commerces des honnêtes citoyens. Quelle relation y a-t-il entre exiger la construction d’un parking dans un établissement et piller une boutique ou un véhicule transportant de la bière?

Pour la race d’élèves dont je parle, peu importe l’objet de la grève, l’essentiel c’est de faire la grève. C’est pourquoi ils s’en prennent souvent aux honnêtes citoyens. Et ce sont ces mêmes élèves qui, à l’approche des examens, se rendent compte que les programmes ne sont exécutés qu’en partie par les enseignants. Alors ils se plaignent encore ! Il y a des choses pour lesquelles, il faut lutter. Pour d’autres pas besoin de battre le pavé !