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Burkina Faso: le parti de Blaise Compaoré suspendu !

Le gouvernement de transition a suspendu le Congrès pour la démocratie et le Progrès (CDP). C’est le parti du president, de l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré. Son allié l’ADF/RDA a subit la même sanction.  

Photo lefaso.net Les CDP, l’ADF/RDA et la FEDAP-BC sont suspendus

Le gouvernement, par la voix du Ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, a annoncé la suspension du parti de l’ancien président Blaise Compaoré. Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a été suspendu ainsi que son ex puissant allié, l’Alliance pour la démocratie et la fédération, Rassemblement démocratique Africain (ADF/RDA). L’ADF/ RDA avec à sa tête Me Gibert Noel Ouédraogo avait fortement soutenu le projet de révision de l’article 37 de la Constitution pour permettre à Blaise Compaoré de se représenter en 2015. Le Ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité (MATDS) soutient que ces structures se sont rendues « coupables d’activités incompatibles avec les textes et lois en vigueur dans notre pays ». Pour le MADTS, ces formations politiques se sont livrées à des activités de tous ordres alors que la nation est encore en train de panser ses plaies et de pleurer ses martyrs. Cette suspension s’appuie sur l’article 30 de la loi portant charte des partis et formations politiques au Burkina Faso :

« En cas de violation des lois et règlements de la république par un parti ou une formation politique et en cas d’urgence ou de trouble de l’ordre public, le Ministre chargé des libertés publiques peut prendre un arrêté de suspension de toutes activités du parti concerné et ordonner la fermeture de son siège », Article 30 de la LOI N° 032-2001/AN PORTANT CHARTE DES PARTIS ET FORMATIONS POLITIQUES AU BURKINA-FASO.

Une troisième structure proche de l’ex-président du Faso a été également suspendue. C’est la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré, FEDAP-BC. Cette association, créée depuis 1992, s’est surtout préoccupée du maintien de Blaise Compaoré que de la paix sociale. Alors que la paix était menacée par la modification de l’article 37 et le maintien de Blaise Compaoré au pouvoir, les membres de l’association ont plutôt soutenu la modification. Les responsables des formations peuvent encore contester cette décision. Ils pourront, s’ils le désirent, saisir le tribunal administratif dans un délai de 60 jours après notification de la suspension. Mais cette sanction va certainement sentir comme une massue sur la tête de ces formations et partis politiques. Alors que tous les partis s’apprêtent pour les batailles électorales de 2015, l’ex-parti au pouvoir, de Blaise Compaoré, vient d’essuyer une nouvelle défaite, après celle du 30 octobre 2014. Selon certains observateurs, on parlait déjà de nouvelles stratégies, de restructuration, pour relever la tête de l’ancien « méga parti », comme ils aimaient l’appeler. Cette suspension va finir de convaincre certains militants qui n’ont peut-être pas encore « sali leurs noms » de mettre les voiles. Alors que c’est justement sur ces derniers que reposait l’espoir du parti. Il faudra donc s’attendre, dans les semaines ou mois à venir, la création de partis issus de l’ancienne majorité. A bien regarder, ce qui restait c’était surtout la FEDABC. Ce qui rendait fort ce parti, c’était Blaise Compaoré. Et ce qui les unissait, Blaise Compaoré. Blaise Compaoré : c’est ce qu’ils avaient en commun. Maintenant, les brebis vont-elles survivent après la fuite du berger ? L’avenir nous le dira. .

Le Burkina Faso rend hommage aux héros de la révolution !

Les autorités de la transition ont organisé une cérémonie d’hommage national à tous les fils et filles tombés les armes à la main lors de la révolution du 30 octobre 2014. Cette commémoration s’est tenu à la place de la nation, rebaptisée « Place de la révolution ».

Ambiance de tristesse, de deuil à la Place de la révolution à Ouagadougou. L’émotion a atteint son comble lorsque la veuve d’un des martyrs a intervenu. C’est donc ce mardi 02 décembre 2014 que le pays tout entier rend hommage à tous les enfants du pays tombés sous les feux alors qu’ils luttaient pour sauver le pays de la patrimonialisation du pouvoir de Blaise Compaoré.  Ces hommes et ces femmes sont élevés au rang de héros de la révolution par les autorités de la transition. Au-delà des parents, des amis des défunts, c’est tout le peuple burkinabè qui a rendu un hommage mérité à tous ses enfants qui ont bravé la forfaiture d’un régime à savoir celui de l’ancien président Blaise Compaoré. Ils ont affronté les forces armées à mains à nues pour éviter le pouvoir à vie de Blaise Compaoré. Voici les dernières paroles de l’une des victimes, une jeune fille :

« Maman, tu vois ma respiration ne descend plus. Je suis en train de mourir. Mon seigneur Jésus, sauve- moi.  Maman marie sauve-moi. Dieu est grand priez pour moi ».

Les responsables religieux ont tour à tour intervenu pour consoler les familles et le peuple tout entier, et surtout pour que ces les intérêts égoïstes ne plongent plus jamais le pays dans une telle situation.

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Le monument aux héros nationaux portera désormais le nom de Panthéon des martyrs de la revolution

Les corps de six héros de la révolution ont, par la suite,  été inhumés au cimetière municipal de Gounghin dans la ville de Ouagadougou. Ils ont été élevés au rang de héros de la révolution par les autorités de la transition. Désormais le monument aux héros nationaux, portera le nom de Panthéon des martyrs de la révolution en mémoire de tous ceux qui sont tombés ce jour-là. C’est là qu’ils y reposeront de façon symbolique.

L’insurrection populaire des 30 et 31 octobre a coûté, au total, la vie de 24 personnes et plus de 600 blessés.