8 mars : des femmes qui luttent pour la sécurité économique de leurs familles

Article : 8 mars : des femmes qui luttent pour la sécurité économique de leurs familles
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9 mars 2015

8 mars : des femmes qui luttent pour la sécurité économique de leurs familles

Nous avons célébré ce 8 mars encore la journée internationale de femme. On a évoqué, encore l’autonomie financière des femmes, l’accès des femmes à la formation professionnelle et bien d’autres thèmes en faveur de l’autre moitié du ciel. Mais on a très peu entendu la voix de ces femmes qui se battent chaque pour le bien-être de leurs familles.

J’ai vu des femmes qui se battent chaque jour pour sortir leurs familles de la misère. Elles sont loin des célébrations de la journée internationale de la femme. Ces femmes ne sont pas allées à faso parc pour danser ou chanter. Et pourtant c’est à elles que je pense en cette journée. Je les ai rencontrées dans une localité très éloignée de Ouagadougou : Tampendjoaga. Elles sont plus proches du Togo que de leur pays. Soutenues par une ONG, elles se sont réunies en groupe d’épargne et de solidarité pour faire face à la pauvreté.

Photos Ouaga.com La cérémonie officielle de la celebration a regroupé les différentes représentantes de femmes.
Photos Ouaga.com
La cérémonie officielle de la celebration a regroupé les différentes représentantes de femmes. Mais la voix des femmes n’est pas pour autant entendue

Chaque groupe d’épargne et de crédit compte entre 15 et 30 membres. Les activités sont orientées par un règlement intérieur qui définit les modalités des services et la vie du groupe en général. Les femmes choisissent le montant de la cotisation. Selon la présidente d’un groupe de femmes, « la somme collectée permet après de faire des crédits. Mais une femme ne peut prendre une somme supérieure à plus de trois fois sa cotisation. Le taux d’intérêt est de 5% ». Cette cotisation apparemment insignifiante, aide pourtant les femmes et même leurs familles.

Elles s’octroient des crédits, qui leur permettent de mener des activités génératrices de revenus. « Avec ces cotisations, nos conditions de vie ont considérablement changé. Nous arrivons à pourvoir à nos besoins et à certains de nos enfants notamment pour leur éducation », a rassuré Aminata, membre du groupe d’épargne et de crédit.

Pour la présidente de ce groupe, c’est toute la famille qui en profite.  Les femmes font de petites activités avec l’argent. Cela renforce même la cohésion de la famille. Elle a déclaré : « Avant il fallait chaque fois voir nos maris. Comme eux aussi ils n’ont pas tout temps de l’argent, on ne s’entendait pas. Maintenant nous en avons un peu de sorte à pourvoir aux petits besoins de la famille. Nous sommes contentes et nos maris aussi. Ils nous aiment plus en encore ».

Zénab est la présidente du groupement Tampendjoaga. Pour elle, les groupes d’épargne et de crédit sont une véritable opportunité pour le petit commerce des femmes. Les différents prêts permettent aux femmes de démarrer des activités génératrices de revenus. « Moi je vends des chaussures pour dames. Il y en a qui vendent des céréales, d’autres font de l’élevage, du dolo. Tout cela nous permet d’avoir de l’argent pour nous et nos enfants », a affirmé Zénab. Selon l’agent villageois, « il n’y a plus de femme qui ne fait, toutes les femmes font diverses activités rémunératrices ». Ces femmes ont donc pris la décision de ne plus attendre leur maris, non pas dans un esprit de concurrence mais de complémentarité. Et leur action est salvatrice pour elles-mêmes, leurs enfants et toutes leurs familles. Elles arrivent à subvenir aux besoins de leur famille soutenant ainsi leurs maris. Zénab, Marie, Alima, leurs noms ne vous disent rien. Vous ne les verez à aucune tribune, mais ce sont des championnes, au moins pour leurs familles respectives.

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