Politique burkinabè : des chiens ravalent leur vomissure

Article : Politique burkinabè : des chiens ravalent leur vomissure
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13 septembre 2014

Politique burkinabè : des chiens ravalent leur vomissure

Il y a des hommes politiques qui militent dans des partis pour leurs idéaux. Il y en a aussi pour qui la satisfaction des besoins du ventre prime sur toute autre chose et ceux-ci vont de parti afin de s’enrichir.

Quand la politique du ventre prend le dessus, l’intérêt général est refoulé au second plan. C’est ce que je constate aujourd’hui quand je regarde certains militants de partis politiques. Ils passent de parti en partis à la recherche de meilleures positions pour se remplir les poches.. C’est ce que l’on appelle le « nomadisme politique » au Pays des hommes intègres. Ce phénomène est devenu monnaie courante au Burkina Faso depuis plusieurs années. Son expression récente est celle des démissionnaires du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Après avoir quitté le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) en les traitant de tous les noms d’oiseaux, ils y reviennent seulement quelques mois après. Les déclarations de Bakary Traoré, si elles sont vraies, donnent les véritables motivations des démissions.

Mais ils ne sont pas les premiers ni les derniers à agir ainsi. L’afflux de certains militants vers le MPP prédisait déjà cela. D’ailleurs la plupart des leaders de ce parti ont quitté le CDP parce qu’ils sentaient qu’ils ne seraient pas positionnés pour 2015. La ruée vers le MPP n’était donc pas seulement motivée par une envie de changer les choses au profit du peuple burkinabè. Pour certains, il était surtout question d’occuper rapidement des postes juteux. C’est pourquoi les frustrés, les rejetés et les oubliés de beaucoup d’autres partis, qui étaient « politiquement morts », ont vu dans ce nouveau parti politique une occasion de revenir aux affaires.

Mettre les intérêts personnels et égoïstes au-dessus de l’intérêt du peuple. C’est là tout le problème de la politique burkinabè. Aujourd’hui tout homme politique averti sait que rien n’est plus important pour le pays qu’une transition politique apaisée sans besoin de modifier quoi que ce soit. Mais comme il y a longtemps qu’ils « mangent » dans ce système, alors ils n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait changement. Ils ne sont pas sûrs d’avoir une position privilégiée avec un autre. Donc ils se battent comme ils peuvent souvent avec des arguments ridicules, pour que l’actuel reste, pas pour le bien du pays, mais pour son propre bien. Le PF a « des chantiers à terminer », comme si l’administration publique n’était pas une continuité.

Mais la vie d’un pays ne peut se résumer aux intérêts égoïstes d’une seule personne ou d’un clan. La construction d’un pays est l’œuvre de tous les habitants et s’étale sur une durée plus longue que celle de la vie d’un individu.

Cette transhumance politique, constatée depuis plusieurs années au Faso, nous montre qu’au fond, les gens n’ont aucun d’attachement à leur parti politique. Ce qui leur importe, c’est leur « ventre ».

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