Burkina Faso : Blaise va-t-il prendre la main tendue de Diouf ?

Article : Burkina Faso : Blaise va-t-il prendre la main tendue de Diouf ?
3 mars 2014

Burkina Faso : Blaise va-t-il prendre la main tendue de Diouf ?

Il est clair que depuis quelques mois le président du Faso se trouve dans une impasse. La mise en place de « son » Sénat est au point mort. La modification de l’article 37 de la Constitution n’est pas envisageable, à l’état actuel, à l’assemblée nationale, les mobilisations et les défections se multiplient contre son maintien au pouvoir.

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Photo news.ouaga.com
Abdou Diouf a demadé convaincre Blaise Compaoré de lui trouver un successeur

On le sait. Le président du Faso (PF) a le dos au mur. La modification de l’article 37 pour sa réélection ne fait pas l’unanimité au sein de la classe politique burkinabè, ni au sein du peuple burkinabè dans son ensemble. La négociation entreprise par les médiateurs qui devrait aboutir à une « alternance apaisée », est aussi sans issue. Le PF semble surpris par l’échéance de son départ du palais de Kossyam, le palais présidentiel. L’imposition de son petit frère comme probable successeur ne garantit pas une victoire à l’issue d’une élection libre et transparente. Ceux (Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré) qui l’ont soutenu depuis des décennies l’abandonnent. Pire, ils créent un parti et se définissent comme opposants sérieux pour la présidentielle de 2015.  Si le Blaise s’entête à rester au pouvoir, la situation pourrait se dégradée. Il faut donc trouver une sortie honorable pour le président du Faso.

En lisant entre les lignes, je m’aperçois que la visite du Secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf, entre dans ce cadre. Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés à Paris. Au Faso, celui qui termine son mandat dans neuf mois, affirme « qu’il faut mettre la francophonie dans de bonnes mains ». En d’autres termes, il est venu demander au président du Faso pour lui demander de trouver en liaison avec ses pairs, un successeur. Le président du Faso pourrait donc être ces « bonnes mains ». L’accession à ce poste international pourrait dissuader le président du Faso à rester au pouvoir avec tous les risques d’instabilité que cela comporte pour le pays. Du moins, c’est ce que certaines personnes pensent en proposant au président du Faso ce poste. Reste à savoir si ce poste est assez séduisant ou sécurisant pour le président du Faso pour qui un parapluie diplomatique ne serait pas de trop.

Dans tous les cas, celui qui disait que Tandja allait droit dans le mur est aujourd’hui dans la même situation. « Je ne m’immiscerai jamais dans les affaires intérieures du Burkina Faso. Cela dit, je fais confiance à la sagesse légendaire du président Compaoré pour trouver une solution », a affirmé Abdou Diouf. Le médiateur est attendu au tournant. Celui qui a œuvré pour que des pays retrouvent la paix doit maintenant prouver qu’il est effectivement un homme de paix en laissant son pays dans la paix. Après 28 ans de pouvoir le Blaiso devrait pas avoir du mal un successeur en moins de deux ans de « lenga » (supplémentaires) pour terminer ses projets pour le pays. L’administration étant une continuité, son successeur va terminer. C’est l’occasion de prouver que sa sagesse est légendaire.

 

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