Orpaillage traditionnel au Burkina :Un secteur porteur mais dangereux

Article : Orpaillage traditionnel au Burkina :Un secteur porteur mais dangereux
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14 novembre 2013

Orpaillage traditionnel au Burkina :Un secteur porteur mais dangereux

Le secteur minier est en plein essor au Burkina Faso. Depuis 2009, le métal jaune est devenu le premier produit d’exportation du Pays des hommes intègres. L’exploitation traditionnelle, source de nombreux inconvénients, occupe une place de choix dans cette croissance.

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photo zoodomail.com L’orpaillage traditionnel se fait souvent dans des conditions précaires

L’orpaillage traditionnel occupe une place importante dans l’économie du Burkina Faso. Il permet ainsi de lutter contre le chômage des jeunes, surtout des ruraux,  en les employant  sans tenir compte de leur niveau d’instruction. Le pays a connu une croissance importante de cette exploitation minière ces dernières années avec « l’apparition » du métal jaune un peu partout sur l’étendue de territoire national. C’est une activité qui est menée sur plus de 200 sites et qui nourrit plus de 200 000 personnes, vivant principalement en milieu rural. Ces chiffres sont de 2006, ce qui nous laisse supposer, qu’aujourd’hui, les sites d’exploitation traditionnelle dépassent largement ce nombre.

Si cette activité procure de l’argent à beaucoup personnes, il n’en demeure pas moins qu’elle engendre également de nombreux inconvénients aussi bien sur l’homme que sur la nature.

Conséquence de l’orpaillage sur l’homme et son environnement

L’orpaillage traditionnel contribue à la déforestation et à la dégradation du sol. Les hommes ne ménagent aucun effort à la recherche du métal jaune. La coupe du bois aux entours des sites entraine forcement un déboisement, les puits et les produits chimiques causent des dommages importants aux sols et les rendent infertiles. Ainsi, tout le couvert végétal est fortement meurtri sous la pression des orpailleurs. Le site signifiait  https://www.mediaterre.org que : « Les rejets directs de mercure sous forme liquide au cours des opérations d’amalgamation du concentré d’or dans les sols dont le lessivage par les eaux de ruissellement favorise la mobilisation et la dispersion des métaux lourds dans l’environnement, notamment dans les eaux de surface (fleuves, rivières, lacs, barrages et retenues d’eau), et dans les eaux souterraines par infiltration. La méthylation du mercure est favorisée par les conditions physico-chimiques du milieu aqueux, conduisant ainsi à la forme la plus toxique et dangereuse du mercure pour la santé publique ».

Au-delà de l’environnement, l’homme n’échappe pas aux effets que lui-même a produits.  La poussière, l’inhalation des produits toxiques, ou la consommation de produits prohibés pour mieux travailler engendre souvent des maladies. La toux, l’angine, la pneumonie ou même des maladies sexuellement transmissibles sont les risques que courent les orpailleurs traditionnels.  L’argent attire tout le monde. Et les travailleuses du sexe aussi. C’est pourquoi, ces dernières voient aussi leur activité fleurir sur les sites d’orpaillage, là où « l’argent est comme la poussière ». Sur les sites, elles ont aussi leur quartier. Et les tarifs, semble-t-il, n’ont rien à voir avec ceux de la ville. Fermons cette parenthèse, parlons d’une autre couche plus vulnérable : les enfants. Avec ou sans la bénédiction de leurs parents, ils sont nombreux à déserter les écoles pour les sites miniers. C’est le cas d’un élève de la classe de troisième qui, après avoir échoué au BEPC, a fait un saut à la mine pendant les vacances. La prise a été bonne pour lui, puisqu’il a obtenu 12 millions de FCFA. Une raison pour lui d’abandonner totalement les bancs en affirmant que ses professeurs même n’ont jamais eu cette somme. D’autres enfants plus jeunes encore sont sur les sites miniers à la recherche du métal jaune alors que, selon leur âge, ils devraient être encore à l’école. Ils sont ainsi laissés à la proie des accidents de travail et sans aucune protection. L’autre conséquence, c’est le renchérissement de la vie dans les villes ou villages environnants. Les habitants assistent impuissants à la hausse des produits de consommation. « Les poulets que nous achetions  à 1000 F CFA, se vendent maintenant au double. Parce que les vendeurs savent que si nous n’achetons pas à ce prix là, sur le site ils vont avoir plus que cela ». Voilà comment le loyer, prix des œufs, de la boisson, de la viande s’augmente facilement.

Impuissance ou laxisme gouvernementale

Silence, au gouvernement on réfléchit ! A l’Assemblée nationale, une députée a posé une question orale en demandant au ministre des mines comment le gouvernement peut réglementer ce secteur tout en sauvegardant le niveau de vie des populations concernées au regard des avantage qu’il procure ? Le ministre avait répondu que la pratique l’orpaillage dans le respect de la réglementation nationale permet effectivement de procurer des revenus et dans une moindre mesure réduire le chômage des jeunes ruraux. Avant de préciser :   « … au niveau de mon département, nous réfléchissons à un cadre réglementaire amélioré du secteur de l’orpaillage de sorte à prendre en compte les intérêts des orpailleurs, des collectivités qui abritent les sites et de l’Etat ». vivement que ce cadre soit trouvé et appliqué à temps.

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