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Burkina Faso : le gouvernement siffle la fin des abus des Kolgweogo

Le gouvernement burkinabè tape enfin du poing sur la table. Les groupes d’autodéfense appelés « Kolgweogo » doivent cesser leurs actions, hors des lois en vigueur dans le pays.

Ce n’est pas trop tôt. Cette fois le ton du ministre de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, est on ne peut plus clair. Les milices d’autodéfense, les Kolgweogo, doivent mettre fin à leurs abus et arrêter d’agir en dehors de tout cadre légal. C’est pourquoi il a pris différentes mesures destinées à corriger les bavures de plus en plus nombreuses, parfois tragiques, commises par ces groupes. Les mesures sont les suivantes :

La détention et le port d’arme à feu doivent en tout temps et en tout lieu être conformes à la règlementation en vigueur au Burkina Faso ;

Toute personne appréhendée en flagrant délit d’infraction à la loi pénale doit être immédiatement remise aux forces de sécurité intérieure (la Gendarmerie nationale et la Police nationale) ;

Les personnes sur qui pèsent des soupçons d’infractions doivent être dénoncées et signalées aux forces de défense et de sécurité qui se chargeront de leur interpellation (lefaso.net)

Et ce n’est pas tout : dans le communiqué du ministre de la sécurité intérieure il est dit aussi que « les séquestrations, les sévices corporels, les traitements humiliants et dégradants, les cotisations forcées, les amendes, les taxes, les contributions aux dépenses et les remboursements de biens dissipés » sont aussi formellement interdits.

Les Kolgweogo sont régulièrement accusés de torture, de séquestration et autres atteintes aux droits des présumés voleurs
Les Kolgweogo sont régulièrement accusés de torture, de séquestration et autres atteintes aux droits des présumés voleurs

« Si le voleur qu’on prend veut être libéré, il va falloir qu’il paye nos amendes » 

Les groupes d’autodéfense se disent ouverts au dialogue. Cependant, ils ne semblent pas disposés à renoncer aux amendes et taxes perçues auprès des présumés voleurs. Pour eux, les dépenses faites dans le cadre de la « sécurisation » de leur localité doivent être remboursées par les présumés coupables.  « Les amendes que nous prenons servent de financement à notre déplacement. Le voleur qu’on prend obligatoirement s’il veut être libéré, il va falloir qu’il nous paye toutes les dépenses qu’on aurait faites », a affirmé le responsable d’un de ces groupes dans la région de l’Est du Burkina. Il se dit de tout de même ouvert au dialogue avec les autorités publiques. Il a affirmé être prêt à accompagner les forces de sécurité dans la sécurisation de la région. « S’ils veulent bien comprendre, nous voulons les accompagner parce que simplement c’est notre région. Ces délinquants ne viennent pas d’ailleurs», a-t-il ajouté au micro de radio Omega.

Les groupes d’autodéfense ont profité de l’absence des forces de sécurité ou de leur laxisme pour s’implanter dans différentes régions du pays. Les populations, longtemps usées par l’insécurité, voient en eux un soulagement. C’est pourquoi, en dépit des leurs abus, ils sont soutenus par une grande partie des populations rurales. Le gouvernement a longtemps plaidé pour qu’ils se conforment à la loi, mais jusqu’aujourd’hui rien ne va dans ce sens…
Le bras de fer entre gouvernement et Kolgweogo risque fort de se poursuivre.