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Burkina Faso : Le Top 7 des défis du président Roch

Le nouveau président, Roch Marc Christian  Kaboré, a été investi le 29 décembre 2015, élu avec 53,49% des suffrages. C’est donc lui que le peuple burkinabè a choisi pour diriger sa destinée pour les cinq prochaines années. C’est incontestablement une victoire pour l’ancien partisan de Blaise Compaoré. Mais en réalité, le Roch doit relever de nombreux défis.  Voici le top 7 des défis à relever par le nouveau président du Burkina nouveau.

  1. La justice

Le président Roch Marc Christian Kaboré est très attendu sur le plan de la justice. Le manque de justice était l’une des raisons de la déchéance du précédent régime. Deux ou trois dossiers requièrent une attention particulière de la part des citoyens burkinabè. Il s’agit des dossiers Thomas Sankara, Norbert Zongo et de la tentative de coup d’état du général Gilbert Diendiéré. Les deux premiers dossiers ont connu une avancée sous la transition notamment avec trois inculpations dans l’affaire Norbert Zongo. Tous appartiennent à l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Le dossier Thomas Sankara a aussi connu une avancée avec l’exhumation des supposées tombes de l’ancien président et ses camarades suivi de tests. Plusieurs personnes sont inculpées dans cette affaire aussi, en majorité des membres de l’ex-RSP, dont le général putschiste Gilbert Diendiéré. Un mandat d’arrêt international a d’ailleurs été émis contre Blaise Compaoré lui-même dans l’affaire Thomas Sankara. A cela s’ajoute d’autres dossiers de crimes économiques ou de sang perpétrés au cours du règne de Blaise Compaoré.

Les Burkinabè attendent que les dossiers qui suivent leur cours ne soient pas bloqués par le nouveau président ou ses proches collaborateurs et que surtout d’autres dossiers s’ouvrent. Le Roch déclarait déjà ceci durant sa campagne : « Je prends l’engagement qu’une fois que nous serons élus il y aura justice et réparation pour tous ceux qui sont tombés sous ces balles et leurs familles. ».

2. L’emploi

Selon les autorités de la transition, le taux de chômage est de 2, 2 % en milieu rural et 8,3% en milieu urbain. Cette situation touche plus les jeunes diplômés. « Le taux de chômage augmente avec le niveau d’éducation. Les jeunes diplômés du supérieur sont les plus touchés avec un taux de chômage de 34,5%. 17, 2% pour le secondaire et 11,3% pour le primaire ». Avec une population à majorité jeune, il est nécessaire, sinon indispensable, de trouver une solution au chômage des jeunes. Durant sa campagne, Roch Marc Christian Kaboré a promis de créer des emplois pour les jeunes. C’est donc évident que tous les jeunes sans emploi l’attendent au tournant. Les jeunes, diplômés comme sans diplômes, espèrent que le nouveau président  va créer de nouveaux emplois afin de mettre fin à leur précarité. D’ailleurs dans son programme de société, le Roch prévoit créer « dans le secteur de la lutte contre le chômage, plus de 16 000 emplois seront mis en œuvre dès l’entame de son mandat ».

Photo Facebook  Le président Roch Marc Christian Kaboré à son investiture
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Le président Roch Marc Christian Kaboré à son investiture

3. Les besoins de base

Durant la campagne les populations ont exprimé leurs besoins aux différents candidats. Elles veulent tout simplement se faire soigner quand elles sont malades, amener leurs enfants à l’école et avoir accès à l’eau potable et l’assainissement. Des besoins sur lesquels le candidat avait fait des promesses lors de sa campagne. Maintenant élu, Roch Marc Christian Kaboré devrait s’atteler à mettre en œuvre son programme pour alléger la souffrance des populations urbaines et rurales notamment en matière de santé.

Le secteur de l’éducation connait des difficultés depuis plusieurs années. Le fameux continium du primaire, le système LMD qui stagne à l’université ou le manque de professionnalisation du système éducatif sont autant des problèmes qui doivent trouver solutions.

En matière santé de santé les populations attendent un équipement des centres de santé et surtout une meilleure organisation du système de santé pour que des gens ne meurent pas par manque de soin.

4. La grogne sociale

« La maladie ne connait pas une période de grâce, la faim et la misère encore moins. Donc comprenez que la levée du mot d’ordre de grève n’est pas un processus pour conférer une période de grâce à qui que ce soit », a lancé le président de mois des centrales syndicales et syndicats autonomes, Bassolma Bazié.  En ce moment plusieurs institutions publiques ou privées connaissent des mouvements de grève. Il s’agit entre autres de la SN SOSUCO, ou du licenciement du personnel de 2iE où le gouvernement tente depuis plusieurs mois de trouver des solutions. A l’université, les étudiants s’insurgent contre la mauvaise application du système LMD. Certains demandent purement sa suspension. L’Unité d’action syndicale (UAS) a d’ailleurs invité les nouvelles autorités à se pencher sur les préoccupations essentielles des travailleurs car le climat social en dépend. Autant dire que les nouvelles autorités n’auront pas de répit. Elles ont du pain sur la planche. Et il faut travailler à résoudre ce qui peut l’être dans les brefs délais.

5. La bonne gouvernance

Le régime de Blaise Compaoré a « péché » en matière de gouvernance. La mal gouvernance est aussi l’une de causes de sa chute. Le peuple avait l’impression que les partisans du pouvoir étaient des êtres supérieurs. Ils pouvaient tout sans être inquiétés par la justice. Les détournements, la corruption, les abus de pouvoirs et les crimes restés impunis ont fini par exaspérer le peuple. La suite, on la connait. Avec Roch, le peuple attend à ce que ces maux ne soient plus cités dans la cité. Promouvoir celui qui le mérite, rendre justice à la neuve et à l’orphelin, la transparence dans la gestion de la chose publique, c’est ce que les Burkinabè attendent du nouveau gouvernement. Il est évident que cela ne peut se faire par une baguette magique, mais le peuple a besoin de savoir que ses dirigeants sont résolument engagés sur cette voie. C’est en cela que Roch et les autres feront une différence d’avec leur ancien chef, Blaise Compaoré.

6. La sécurité

Au cours de l’année 2015, le Burkina Faso a connu plusieurs attaques attribuées à des « groupes terroristes » à l’Ouest et dans la région du Sahel. Ces deux attaques ont fait des morts et démontrent que le pays doit davantage faire des efforts en matière de sécurité notamment des zones frontalières. Jusqu’à présent l’on s’interroge sur l’identité réelle des auteurs des attaques. Mais ce qui est évident, avec l’état actuel de la sous-région, nul doute que le nouveau gouvernement doit renforcer la sécurité du pays.

L’investiture de Roch Marc Christian Kaboré se tient à moins d’une semaine après que les forces armées nationales aient affirmé avoir déjoué une tentative de libération des généraux Gilbert Diendiéré et Djibril Bassolé. Les deux sont inculpés dans le cadre de la tentative du coup d’état de septembre dernier. Ce qui signifie que même à l’interne, il faut poursuivre les investigations pour démasquer tous ceux qui agissent contre la sécurité du pays. A cela s’ajoute les bandits de grands chemins qui sévissent dans certains régions du pays. Il faut éradiquer tout cela.

Une tentative de libération des généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé a été déjouée selon les forces armées du pays.
Une tentative de libération des généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé a été déjouée selon les forces armées du pays.

7. Restaurer l’autorité de l’Etat

L’un des défis du nouveau  gouvernement est la restauration de l’autorité de l’Etat. Mais cela passe aussi par un bon comportement des gouvernants. Comme un de mes professeurs aimait le dire, « l’exemple vient d’en haut, le suivi, d’en bas ». Si les premiers responsables donnent l’exemple d’une bonne gouvernance, ils pourront ainsi inspirer les autres ou sévir contre toute forme de mal-gouvernance à quelque niveau que ce soit. Il faut travailler à redonner force à la loi, amener les citoyens à comprendre que le respect de la loi, c’est pour le bon fonctionnement du pays.