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Municipalités au Burkina : Une victoire « violente » et sans gloire du MPP

Le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) va certainement rafler la grande majorité des mairies. Mais cette victoire écrasante est gravement sapée par les nombreux cas de violence au sein même du parti de Roch Marc Christian Kaboré.

Six mois après sa victoire à la présidentielle le parti de Roch Marc Christian Kaboré fait face à de sérieuses tensions internes
Six mois après sa victoire à la présidentielle le parti de Roch Marc Christian Kaboré fait face à de sérieuses tensions internes

« De tout temps nous avons fait des élections mais c’est vraiment la première fois que j’estime que nous avons franchi le Rubicon », a déclaré le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le jour même des élections municipales. Malheureusement ces violences n’ont pas cessé. Elles se sont exacerbées à l’heure du choix des maires dans les différentes communes du pays. Et ce qui est embarrassant, c’est que cette violence se fait entre les membres du parti du président Roch Marc Christian Kaboré.

C’est la preuve que le parti au pouvoir souffre d’un cruel manque de cohésion. L’absence de consensus sur les candidats à la mairie a conduit des débordements violents dans certaines localités du pays. C’est le cas de la commune de Barani, dans la province de la Kossi. Selon le correspondant de la radio Omega , des individus ont fait irruption dans la salle où a lieu le vote du maire:

Deux véhicules Mercedes sont arrivés juste quand la mission du MPP était en train de conclure et de prodiguer des conseils. Un groupe de personnes est rentré par une autre porte pour commencer à s’en prendre aux partisans de Sidibé Hamidou. Des bastonnades s’en sont suivies et le bilan est de 5 blessés graves et de quelques blessés légers.

Alors que je trace ces lignes j’apprends que des affrontements entre partisans du MPP sont signalés dans la commune de Kantchari. C’est la région de l’Est du Burkina. Les candidats ont préféré recourir à la violence au lieu du vote pour se départager. Le résultat est sans appel :

« Un mort à Kantchari dans les histoires d’élection de maire. Et je ne parle pas des nombreux blessés par ci, par là. Ce sont deux camps d’un même parti, le MPP, parti au pouvoir qui se sont affrontés jusqu’à ce que mort s’en suive », a  commenté le journaliste burkinabè, Boukari Ouoba.

Jointe au téléphone, une source me confirme la triste réalité. Elle ajoute que  » tout est fermé  en moment à Kantchari ». Selon notre source, MPP s’est divisé en deux camps qui s’affrontent sans merci. Ces deux cas de ne sont pas les seuls. Un peu partout le parti au pouvoir connait un problème de discipline interne.

L’élection du maire de Karangasso Vigue dans les Hauts Bassins a dégénéré en conflit politique opposant les militants MPP et ceux de la NAFA. Le bilan fait état de deux morts et d’une trentaine de blessés. La situation est encore tendue ce matin et des maisons sont en train d’être incendiées dans les villages environnants, malgré la présence des forces de l’ordre. Les autorités régionales et une délégation des députés sont sur place actuellement pour tenter d’apaiser la situation. (Les éditions Sidwaya)

Troubles pendant la campagne

Le siège de Commission électorale communale indépendante (CECI) de Bouroum-bouroum, dans la région du Sud-Ouest, a été incendié quelques jours des élections municipales. L’UPC ne passe pas par quatre chemins pour accuser le MPP. Selon le parti de Zéphirin Diabré, les militants du MPP « protestent contre le fait que, leur liste n’ayant pas pu être déposée à temps, la justice ne leur ait pas permis de se présenter aux municipales ». Le parti du lion va plus loin en nommant une ministre du gouvernement dans cette affaire.

La ministre de l’action sociale, Mme Laure ZONGO HIEN en personne, a tenu des rencontres à Bouroum-Bouroum le weekend dernier, au cours desquelles elle a encouragé ses camarades à empêcher le vote. Les cartes d’électeurs des habitants du village de Mingboura ont ainsi été récupérées moyennant la promesse d’un barrage. (Lefaso.net ). Une accusation sans doute rejetée par le parti au pouvoir. ’Je ne vois pas pour quelles raisons des militants du MPP vont incendier la CECI’’ a déclaré le secrétaire à la communication du MPP.

Au total trois communes n’ont pas exercé leur devoir citoyen le 22 mai 2016 à cause des troubles durant la campagne. Ce sont les localités de Zogoré  (au Nord) et de Begodo (Centre-est) et bien sûr Bouroum-bouroum.

Pouvait-il en être autrement ?

Rien d’étonnant pour un parti qui regroupe des individus aux aspirations hétérogènes et contradictoires. On le sait tous. La ruée des anciens du régime de Blaise Compaoré ne pouvait pas faciliter la gestion du parti. On a changé de parti, mais l’esprit reste le même. Il y a les transfuges du CDP et ceux qui ont milité dans le MPP dès les premières heures de sa création. Les seconds, sous le prétexte de rechercher le changement, ne veulent pas accepter les premiers qui ont rejoint le navire un peu tard. Dans tous les cas ce sont des conflits que le parti devrait éradiquer. Si le parti n’ y prend garde, cette situation va causer sa perte aux prochaines élections.

Ces cas de violences devraient relativiser l’écrasante victoire du parti au pouvoir aux élections municipales du 22 mai 2016. Ils témoignent de la mauvaise santé du MPP, incapable de trouver des candidats unanimes. Les premiers responsables sont dans l’incapacité de mettre de l’ordre dans cette situation. Une victoire qui vire au drame pour un parti prône le changement.

Burkina Faso : le gouvernement siffle la fin des abus des Kolgweogo

Le gouvernement burkinabè tape enfin du poing sur la table. Les groupes d’autodéfense appelés « Kolgweogo » doivent cesser leurs actions, hors des lois en vigueur dans le pays.

Ce n’est pas trop tôt. Cette fois le ton du ministre de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, est on ne peut plus clair. Les milices d’autodéfense, les Kolgweogo, doivent mettre fin à leurs abus et arrêter d’agir en dehors de tout cadre légal. C’est pourquoi il a pris différentes mesures destinées à corriger les bavures de plus en plus nombreuses, parfois tragiques, commises par ces groupes. Les mesures sont les suivantes :

La détention et le port d’arme à feu doivent en tout temps et en tout lieu être conformes à la règlementation en vigueur au Burkina Faso ;

Toute personne appréhendée en flagrant délit d’infraction à la loi pénale doit être immédiatement remise aux forces de sécurité intérieure (la Gendarmerie nationale et la Police nationale) ;

Les personnes sur qui pèsent des soupçons d’infractions doivent être dénoncées et signalées aux forces de défense et de sécurité qui se chargeront de leur interpellation (lefaso.net)

Et ce n’est pas tout : dans le communiqué du ministre de la sécurité intérieure il est dit aussi que « les séquestrations, les sévices corporels, les traitements humiliants et dégradants, les cotisations forcées, les amendes, les taxes, les contributions aux dépenses et les remboursements de biens dissipés » sont aussi formellement interdits.

Les Kolgweogo sont régulièrement accusés de torture, de séquestration et autres atteintes aux droits des présumés voleurs
Les Kolgweogo sont régulièrement accusés de torture, de séquestration et autres atteintes aux droits des présumés voleurs

« Si le voleur qu’on prend veut être libéré, il va falloir qu’il paye nos amendes » 

Les groupes d’autodéfense se disent ouverts au dialogue. Cependant, ils ne semblent pas disposés à renoncer aux amendes et taxes perçues auprès des présumés voleurs. Pour eux, les dépenses faites dans le cadre de la « sécurisation » de leur localité doivent être remboursées par les présumés coupables.  « Les amendes que nous prenons servent de financement à notre déplacement. Le voleur qu’on prend obligatoirement s’il veut être libéré, il va falloir qu’il nous paye toutes les dépenses qu’on aurait faites », a affirmé le responsable d’un de ces groupes dans la région de l’Est du Burkina. Il se dit de tout de même ouvert au dialogue avec les autorités publiques. Il a affirmé être prêt à accompagner les forces de sécurité dans la sécurisation de la région. « S’ils veulent bien comprendre, nous voulons les accompagner parce que simplement c’est notre région. Ces délinquants ne viennent pas d’ailleurs», a-t-il ajouté au micro de radio Omega.

Les groupes d’autodéfense ont profité de l’absence des forces de sécurité ou de leur laxisme pour s’implanter dans différentes régions du pays. Les populations, longtemps usées par l’insécurité, voient en eux un soulagement. C’est pourquoi, en dépit des leurs abus, ils sont soutenus par une grande partie des populations rurales. Le gouvernement a longtemps plaidé pour qu’ils se conforment à la loi, mais jusqu’aujourd’hui rien ne va dans ce sens…
Le bras de fer entre gouvernement et Kolgweogo risque fort de se poursuivre.

 

Yacouba Isaac Zida : Adulé, séquestré, et accusé

En un peu plus d’une année, Yacouba Isaac Zida a connu toutes les phases de la vie politique sous nos tropiques. Il est arrivé au pouvoir suite à l’insurrection populaire qui a anticipé le départ de Blaise Compaoré. Peu connu du grand public, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida a presque retiré les reines du pouvoir des mains du général Honoré Nabéré Traoré, alors chef d’Etat-major général des armées. Avant d’être nommé premier ministre du gouvernement de transition.

Yacouba Isaac Zida adulé

Le premier ministre Yacouba Isaac Zida a multiplié les déclarations et les actes populistes au risque même de provoquer le courroux  de ses frères d’armes. Le 13 décembre 2014, date anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses trois compagnons.

Le nouveau premier se rend à la place de la nation le 13 décembre 2014 pour commémorer avec le peuple l’assassinat de Norbert Zongo. Sous l’insistance de la foule, il est obligé de dire un mot.   « Justice sera rendue à tous ceux qui sont tombés sous les balles assassines de Blaise Compaoré », dit-il avant d’ajouter : « Je vous l’ai déjà dit et je le répète, le RSP est une unité militaire qui sera rattachée à l’Armée de terre pour d’autres missions. Des missions de lutte contre le terrorisme, des missions de lutte contre le banditisme » (lefaso.net)

C’est une option largement partagée au sein de la population. Mais qui marque le début d’un divorce entre lui et ses frères d’armes du RSP. Mais Zida semble de plus en plus pencher vers la volontaire populaire. Comme s’il cherchait à laisser de bonnes traces de son passage à la tête de l’Etat. D’aucuns lui prêtent même des ambitions politiques. L’opinion nationale applaudit les différentes arrestations dans le camp de l’ex-parti au pouvoir. Des anciens ministres et anciens maires sont arrêtés pour malversations. Tout cela fait monter la côte du premier ministre. Peu à peu il s’émancipe de son mentor, le général Gilbert Diendiéré et du RSP. Et trouve du soutien auprès de certaines organisations de la société civile.

Photo_afriquenewsinfos Yacouba Isaac ZIda, alors premier ministre avec le président de la transition, Michel Kafando.
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Yacouba Isaac ZIda, alors premier ministre avec le président de la transition, Michel Kafando.

Zida séquestré

Le premier ministre Zida est opposé à l’homme le plus craint du pays : le général Gilbert Diendiéré. Il échappe échappe à une première tentative d’assassinat. Le RSP persiste et la crise conduit à un léger remaniement du gouvernement. Le ministre de la sécurité, proche de Zida est remplacé un proche du général Diendiéré. Son sort semble scellé. Sa « tête pensante », le ministre de la sécurité, Auguste Denise Barry, est remplacé par un élément de son pire ennemi du moment. D’après certaines indiscrétions, le ministre Barry est celui qui était capable de déjouer les plans du RSP dans le gouvernement de la transition.

Yacouba Isaac Zida subit maintenant la pression et la foudre de ses anciens frères d’armes. Son appui se résume à quelques mouvements de la société civile.

Le 15 septembre 2015 le RSP décide d’exécuter son plan. Le premier ministre, Yacouba Isaac Zida, le président de la transition, Michel Kafando et deux de leurs ministres sont séquestrés par les éléments du RSP. Le lendemain, le général Gilbert Diendiéré confirme un coup d’Etat et prend la tête d’un Conseil national pour la démocratie (CND). Le coup d’Etat échoue grâce à une farouche opposition de la population et une grande partie de l’armée. Les « séquestrés » sont libérés et le général et certains de ses acolytes arrêtés.

Zida accusé de malversations

La fin de la transition devrait sonner comme un soulagement pour Yacouba Isaac Zida. Mais ce n’est pas le cas. Alors qu’on pensait qu’il sera nommé ambassadeur du Burkina Faso aux Etats-unis d’Amérique, le lieutenant-colonel promu général de division s’est « réfugié » au Canada. Les dirigeants actuels du pays l’accusent de malversations. Le président le somme de rentrer au pays pour rendre compte. Pour Roch Marc Christian Kaboré, il est « indispensable et obligatoire » pour lui de rentrer au pays et répondre. L’étau se resserre ainsi contre Yacouba Isaac Zida. Le héros de la transition n’a pour le moment pas donné de réponse face à ces accusations.

Certaines OSC plaident pour son retour alors que pour d’autres, « Zida doit revenir de gré ou de force s’expliquer sur les malversations dont il est accusé ».

 

Burkina Faso : Qui veut la peau de Laurent Bado ?

Le député Laurent Bado, visé par des mercenaires ? Pour l’homme politique qui n’a jamais eu sa langue dans sa poche, cela ne fait aucun doute. Quelqu’un veut le tuer.

Rien ne va pour le fondateur du Parti pour la renaissance, PAREN. Après avoir essuyé une gifle la semaine dernière, cette fois l’éminent professeur de droit et honorable député se dit victime d’une tentative d’assassinat. Des hommes armés ont demandé à un jeune de leur indiquer le domicile ou un lieu où fréquente Laurent Bado. Selon le témoin, ils étaient armés de « gros calibres ». Les faits se sont déroulés dans la nuit du 31 mai 2016.

« C’était des mercenaires venus assassiner le Pr Bado dans son domicile »

« Il était 23h 30 quand j’ai croisé le véhicule qui convergeait vers chez M. Bado avec trois commandos à bord. L’un d’entre eux est descendu pour venir se renseigner auprès de moi. Il m’a pris par le bras pour me conduire dans le six-mètres et me demander si je connaissais ledit domicile. Vu que c’était suspect, j’ai dit le voir souvent en circulation mais ignore où il habite », a expliqué celui-ci qui a requis l’anonymat. Pour le jeune homme ces hommes en veulent à la vie de Laurent Bado. Et de consclure : « visiblement, c’était des mercenaires venus assassiner le Pr Bado dans son domicile » Une conclusion somme toute plausible, s’il est vrai que ces hommes étaient armés, dans un véhicule non immatriculé.

Ph Burkina24. Le Pr Laurent Bado réclame une garde pour sa sécurité
Ph Burkina24.
Le Pr Laurent Bado réclame une garde pour sa sécurité

« Il y a beaucoup de gars qui ont intérêt à me tuer »

On sait l’homme ne mâche pas ses mots quand il s’agit d’analyser la situation socio-politique du pays. Il n’épargne personne. Et cela depuis plus d’une décennie. Peut-elle que cela lui a créé de sérieux ennemis. Pour le principal intéressant, la situation est à prendre au sérieux:

« Il y a beaucoup de gars qui ont intérêt à me tuer. Ils sont nombreux. Des fois je critique les camons de bois de chauffe qui tuent et on ne fait rien et je dis que ce sont les gradés de l’armée. Cela fait maintenant 15 ans que je dis. Les cars de transport en commun interurbain, je l’ai encore dit au Premier ministre dans son discours sur la situation de la nation. Des gars qui foncent 120 à l’heure, j’ai même cité un. Je ne comprends pas quoi. On est dans quelle planète de singe ? Si chacun doit se débrouiller pour vivre, qu’on nous le dise. Chacun utilisera la ruse » (Burkina 24)

Pour assurer sa sécurité, le député réclame une garde. « Je veux une sécurité rapprochée mais avec quel argent ? Normalement, le gouvernement devrait réagir. Qui a voulu me tuer ? Il n’y a pas de raisons que des ministres aient deux gardes devant leur porte. Moi aussi j’aurai pu être un ministre et dans l’intérêt du pays, on peut quand même m’affecter deux policiers. »

Laurent est bien connu pour ses déclarations fracassantes. Il a créé son parti, le PAREN en 2000. Mal compris, il est souvent qualifié par ses détracteurs de « fou ». Il prône le grégarisme comme modèle de société pour l’Afrique en général et le Burkina Faso en particulier. Modèle qui offre une alternative aux systèmes capitalistes et socialistes qui ont montré leurs limites, selon lui.

Municipales au Burkina : les intègres, les corrompus et les électeurs

J’ai observé la scène politique burkinabè, les différents candidats aux municipales : tous visent la tête de leur commune mais ils n’ont pas le même objectif. J’ai dénombré trois catégories de candidats. Ceux qui veulent le développement de leur commune (je les appelle les intègres), ceux qui ne sont pas honnêtes car ils cherchent en réalité à s’enrichir et ceux qui cherchent une protection face à des déviances passées (pour les deux dernières catégories, je les appelle les corrompus).

D’abord, il y a ceux qui luttent pour le développement de leur commune. Ils ont une vision, une politique précise, un plan de développement. Pour eux, la politique n’est pas une fin en soi. C’est un moyen de réaliser leur vision pour le développement de leur communauté. Ils veulent maintenant les voix des populations pour essayer de réaliser cette vision. Ils sont venus en politique parce qu’ils veulent faire quelque chose de bien, d’important pour la commune dans laquelle ils vivent. Ce n’est pas pour des détournements de parcelles, ils ne sont pas motivés uniquement par l’argent du contribuable. Ceux-là se comptent maintenant sur bout des doigts d’une seule main.

Ensuite il y en a d’autres, qui sont en course uniquement pour se remplir les poches. Ils n’ont aucune vision pour le développement d’une commune. D’ailleurs ils ne cherchent pas le fauteuil communal pour cette raison. Leur raison principale de faire de la politique, c’est tout simplement s’enrichir au détriment de la population qui les a élus. On comprend qu’ils pensent que la politique peut les rendre riches : leurs prédécesseurs se sont comportés ainsi depuis plusieurs décennies et se sont en effet enrichis. Il y a des maires qui, en moins de quatre ans, ont acheté des véhicules ou construit des maisons gigantesques. Pourtant avant de devenir maire, ils étaient là, sans rien. Et les populations les ont élus, mais sans se douter qu’elles choisissaient ainsi leur propre bourreau. Une fois à la mairie, ils font leur besogne : la corruption. Ils font des détournements, ils acceptent la vente illégale de parcelles… Les populations doivent donc faire preuve de vigilance. Attention à ne pas voter pour un candidat qui serait encore le plus grand voleur, le plus grand corrompu et le plus grand corrupteur de la commune.

La commune de la capitale, Ouagadougou est
La commune de la capitale, Ouagadougou, est sans doute la commune la plus recherchée par les hommes politiques

La troisième catégorie de candidats aux élections municipales est issue de la catégorie précédente. Ils ont déjà fait des détournements, ils se sont déjà enrichis. Mais ils ne veulent pas rendre de comptes, on les comprend : ils craignent de se faire démasquer à l’heure où le gouvernement prône la justice, la lutte contre la corruption ou la transparence dans les affaires publiques. Alors le seul brin d’espoir qu’il leur reste, c’est de revenir aux affaires le plus tôt possible ! C’est ce qui justifie le ralliement de certains ex-maires à l’actuel parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) ou la mouvance présidentielle. Ils cherchent une protection.

Dans un système démocratique, seuls les électeurs font la loi. Leur destin est entre leurs mains. Ils ont le choix : voter pour ceux qui sont corrompus, donc pour plus de corruption ou alors choisir ceux qui veulent le développement de leur commune.
Mais pour faire le bon choix, il faut que les citoyens aient le moyen de détecter les corrompus des intègres, et ce n’est pas une mince affaire. C’est là la difficulté de la démocratie sous nos tropiques, surtout dans les zones rurales. On vote souvent sans avoir une connaissance réelle des problématiques et de l’enjeu. On vote souvent sans connaitre ceux qui ont une vraie vision pour le développement de la commune (et donc pas seulement pour leur propre développement….)
La balle est dans le camp des populations : le 22 mai 2016, elles feront un choix important pour leur commune. Donneront-elles la direction de leur commune à politiciens intègres ou à des politiciens corrompus ? Avis aux populations !