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Smockey: « Après ta révolte, ton vote »

C’est le message de l’artiste musicien Smockey à la jeunesse burkinabè. « Après ta révolte, ton vote », est une campagne à travers laquelle le rappeur veut inciter les jeunes burkinabè à participer aux futures élections après avoir largement participé au soulèvement populaire d’octobre 2014.

Le rappeur Smockey veut encourager les jeunes à participer au choix des futurs dirigeants du pays. Pour cela, il les encourage à travers sa campagne dénommée « après ta révolte, ton vote », à s’inscrire massivement sur les listes électorales. On le sait, ce sont surtout les jeunes qui ont contribué à la chute du pouvoir de Blaise Compaoré.

Pour que cette lutte ne soit pas vaine, Smockey les invite non seulement à s’inscrire sur les électorales mais surtout à prendre part au choix du président et des députés le 11 octobre prochain. Les jeunes sont les plus nombreux de la population burkinabè, mais ils sont le plus souvent oubliés après les votes. Leurs préoccupations aussi.

Photo/lefaso.net L'artiste Smockey (micro) à l'annonce de sa champagne "après ta révolte, ton vote"
Photo/lefaso.net
L’artiste Smockey (micro) à l’annonce de sa champagne « après ta révolte, ton vote »

Ces élections, l’une des plus ouvertes depuis trente ans, sont donc une occasion pour les jeunes de faire compter leurs voix. A travers deux grands concerts « sans exclusions » à Bobo Dioulasso et à Ouagadougou, Serge Bambara (Smockey à l’état civil) a conscientisé les jeunes sur l’importance de leur vote. Il est soutenu dans cette initiative par d’autres artistes nationaux et étrangers.

Smockey est l’un des membres du balai citoyen. il a milité activement dans ce mouvement contre la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè. Ce qui donnait la possibilité à Blaise Compaoré de se représenter alors qu’il était au pouvoir depuis 27 ans.

Il a fait sortir son dernier album il y a quelques semaines. Un album largement influencé par la situation nationale. Son album de 31 titres, est baptisé « Pré’volution ». Connaissant son influence et celui du balai citoyen, cette campagne pourrait amener beaucoup de jeunes à, effectivement, s’inscrire pour participer aux votes de cette pré-insurrection populaire.

Smockey: De l’artiste engagé au héro de la révolution burkinabè

Il est l’un des responsables du « balai citoyen », un des mouvements de la société civile ayant milité contre la mise en place du Sénat au Burkina et la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè. Smockey a été un acteur également dans la révolution burkinabè qui a conduit au départ de l’ancien président, Blaise Compaoré.

Je le savais déjà rappeur engagé. Il est même l’un des précurseurs de la musique Hip-hop au Pays des hommes intègres. Lui, c’est Smockey, Serge Bambara, à l’état civil. Mais ces dernières années, j’ai découvert que son engagement est allé au-delà des studios de production et des salles de concert. Smockey n’a pas hésité à rendre hommage au capitaine Thomas Sankara, en présidence de Blaise Compoaré et son épouse. C’était, lors de la remise de son trophée de meilleur rappeur africain aux koras 2010. Obligeant ainsi le couple présidentiel à applaudir le capitaine. Ses morceaux, « A qui profite le crime » ou « Votez pour moi », pour ne citer que ceux-ci, démontrent que ce rappeur n’a pas sa langue dans sa poche. Il critique les hommes politiques et son engagement, sans faille pour la promotion de la liberté et de la démocratie dans son pays, se ressent dans presque tous ses chants. En 2005 son titre « Votez pour moi » a connu un succès alors que le pays entrait dans une campagne présidentielle. Par ce titre il critique le mépris des hommes politiques vis-à-vis des populations qui les portent au pouvoir. En 2010 alors le pays célèbre le cinquantenaire de son indépendance, le propriétaire du studio Abazon chante « 50 ans 2 dépendance » pour dénoncer 50 ans d’incompétence sans autre conséquences des dirigeants africains. Et Son titre, « à qui profite le crime », parlant de l’assassinat de Thomas Sankara, a fini de convaincre ceux qui doutaient encore de son engagement. Aux côtés de son ami Didier Awadi, Smockey a chanté entre autres « Les misérables », le « Capitaine Thomas Sankara ».

Crédit photo : Yanick Létourneau  Le rappeur Smockey sur la tome du capitaine Thomas Sankara
Crédit photo : Yanick Létourneau
Le rappeur Smockey sur la tome du capitaine Thomas Sankara

L’engagement du rappeur ne s’est pas limité au chant. L’homme s’est impliqué physiquement dans la lutte, au côté du peuple burkinabè, contre une présidence à vie du « Blaiso ».

Avant la date du 30 octobre 2014, il s’est lui-même impliqué dans différentes actions visant à sensibiliser et la conscientiser la population notamment la frange jeune. Avec Sam’K le Jah et bien d’autres ils ont créé le mouvement « Le balai citoyen ». Sous la bannière de ce mouvement ils ont parcouru plusieurs villes du Burkina Faso pour alerter le peuple sur les velléités du pouvoir en place de rester en vie. Mais engagement de l’artiste n’a pas plu à tous, comme lui-même se souvient : « Je me rappelle en 2011, lors d’une manifestation, lorsque j’étais avec ma pancarte sur laquelle était écrit « Blaise Dégage », on m’a traité de tous les noms d’oiseau. Il se disait que comment un artiste peut se permettre de tenir de tels propos. Un journal a même titré : « Smockey, artiste engagé aux vulgaires hypocrites ».

Aujourd’hui, il est l’un des héros de la révolution burkinabè. Des millions de Burkinabè se sont battus contre un régime à vie du président Blaise Compaoré pour ouvrir une nouvelle ère démocratique au Faso. Il peut se féliciter d’avoir contribué à cette lutte historique du peuple burkinabè.