Skip to main content

Burkina Faso : bientôt un jugement dans l’affaire Thomas Sankara ?

Le collectif d’avocats de la famille de Thomas Sankara a donné une conférence de presse le 12 octobre 2016. Selon Me Sankara et ses collaborateurs, le dossier évolue. C’est certainement une lueur d’espoir pour tous ceux qui attendent que justice soit rendue à Thomas Sankara et aux 12 autres assassinés le 15 octobre 1987.

Le 15 octobre 2016, les partisans du père de la révolution burkinabè commémorent le 29e anniversaire de sa disparition. Jamais commémoration n’a été teintée d’espoir pour ceux qui attendent justice à propos de la mort de Thomas Sankara et 12 de ses « camarades ». Du côté de la justice, le dossier évolue depuis la chute de Blaise Compaoré.

Selon les avocats de la famille Sankara, le dossier a évolué en 22 mois qu’il ne l’a fait en 18 ans d’instruction. Pour preuve, la plainte, formulée au départ contre X, a été reformulée contre l’ancien président Blaise Compaoré et d’autres personnes. Environ cent personnes ont été auditionnées. Il y a eu aussi des commissions rogatoires, des autopsies et des analyses balistiques.

Les quatre hommes forts de la révolution d'août 1983
Les quatre hommes forts de la révolution d’août 1983

14 inculpations et 2 mandats d’arrêts internationaux

Après toutes ces enquêtes, le juge d’instruction a procédé à l’inculpation de 14 personnes. Selon l’un des avocats de la famille Sankara, ce sont entre autres, « Blaise Compaoré dit Jubal, Hyacinthe Kafando, Gilbert Diendéré, Gabriel Tamini, le Dr Diébré Alidou et bien d’autres ». Ils sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat ; d’assassinat ; de recel de cadavre ; de faux en écriture publique.

Deux mandats d’arrêt internationaux ont d’ailleurs été lancés à l’encontre de Blaise Compaoré et d’Hyacinthe Kafando. Le premier vit en Côte d’Ivoire, depuis le soulèvement populaire des 30 et 31 octobre 2014. Il a d’ailleurs obtenu la nationalité ivoirienne depuis novembre 2014.

« Même si aucune réponse officielle n’a été donnée jusque-là par les autorités ivoiriennes, les avocats ne désespèrent pas quant à la tenue d’un procès équitable le moment venu. Toutes les voies (Interpol, voie diplomatique et dans le cadre du Traité d’amitié et de coopération signé entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire) seront utilisées pour l’extradition du président déchu réfugié en Côte d’Ivoire disent les avocats ».(lefaso.net).

Paris dans tout ça ?

Ph/Daniel Janin La France a souvent été citée à tort ou à raison dans l'assassinat du capitaine Thomas Sankara
Ph/Daniel Janin
La France a souvent été citée à tort ou à raison dans l’assassinat du capitaine Thomas Sankara

Selon l’avocat de la famille Sankara,  Me Sankara « le juge burkinabè a des pistes, des indices, parce qu’à un certain moment donné, il y a des informations qui circulaient disant que la France serait impliquée ». C’est la raison pour laquelle la famille voudrait savoir si Paris a joué un rôle quelconque dans l’assassinat de Thomas Sankara. Une demande de « levée du secret défense » a été introduite par les avocats de la famille Sankara.

Ces différentes avancées dans le dossier Thomas Sankara donnent de l’espoir à ceux qui attendent que la lumière soit faite sur cette affaire. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a des obstacles d’ordre politique par exemple. Le principal accusé, Blaise Compaoré s’est réfugié en Côte d’Ivoire. Il a obtenu la nationalité ivoirienne. En plus de cela, ce sont ses anciens collaborateurs qui sont au pouvoir. L’un d’eux, Salifou Diallo, président de l’Assemblée nationale, a même été attendu dans cette affaire. Mais le général Gilbert Diendiéré, détenu déjà dans l’affaire du coup d’Etat, pourrait peut-être donner de plus amples informations.