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Burkina Faso : Qui veut la peau de Laurent Bado ?

Le député Laurent Bado, visé par des mercenaires ? Pour l’homme politique qui n’a jamais eu sa langue dans sa poche, cela ne fait aucun doute. Quelqu’un veut le tuer.

Rien ne va pour le fondateur du Parti pour la renaissance, PAREN. Après avoir essuyé une gifle la semaine dernière, cette fois l’éminent professeur de droit et honorable député se dit victime d’une tentative d’assassinat. Des hommes armés ont demandé à un jeune de leur indiquer le domicile ou un lieu où fréquente Laurent Bado. Selon le témoin, ils étaient armés de « gros calibres ». Les faits se sont déroulés dans la nuit du 31 mai 2016.

« C’était des mercenaires venus assassiner le Pr Bado dans son domicile »

« Il était 23h 30 quand j’ai croisé le véhicule qui convergeait vers chez M. Bado avec trois commandos à bord. L’un d’entre eux est descendu pour venir se renseigner auprès de moi. Il m’a pris par le bras pour me conduire dans le six-mètres et me demander si je connaissais ledit domicile. Vu que c’était suspect, j’ai dit le voir souvent en circulation mais ignore où il habite », a expliqué celui-ci qui a requis l’anonymat. Pour le jeune homme ces hommes en veulent à la vie de Laurent Bado. Et de consclure : « visiblement, c’était des mercenaires venus assassiner le Pr Bado dans son domicile » Une conclusion somme toute plausible, s’il est vrai que ces hommes étaient armés, dans un véhicule non immatriculé.

Ph Burkina24. Le Pr Laurent Bado réclame une garde pour sa sécurité
Ph Burkina24.
Le Pr Laurent Bado réclame une garde pour sa sécurité

« Il y a beaucoup de gars qui ont intérêt à me tuer »

On sait l’homme ne mâche pas ses mots quand il s’agit d’analyser la situation socio-politique du pays. Il n’épargne personne. Et cela depuis plus d’une décennie. Peut-elle que cela lui a créé de sérieux ennemis. Pour le principal intéressant, la situation est à prendre au sérieux:

« Il y a beaucoup de gars qui ont intérêt à me tuer. Ils sont nombreux. Des fois je critique les camons de bois de chauffe qui tuent et on ne fait rien et je dis que ce sont les gradés de l’armée. Cela fait maintenant 15 ans que je dis. Les cars de transport en commun interurbain, je l’ai encore dit au Premier ministre dans son discours sur la situation de la nation. Des gars qui foncent 120 à l’heure, j’ai même cité un. Je ne comprends pas quoi. On est dans quelle planète de singe ? Si chacun doit se débrouiller pour vivre, qu’on nous le dise. Chacun utilisera la ruse » (Burkina 24)

Pour assurer sa sécurité, le député réclame une garde. « Je veux une sécurité rapprochée mais avec quel argent ? Normalement, le gouvernement devrait réagir. Qui a voulu me tuer ? Il n’y a pas de raisons que des ministres aient deux gardes devant leur porte. Moi aussi j’aurai pu être un ministre et dans l’intérêt du pays, on peut quand même m’affecter deux policiers. »

Laurent est bien connu pour ses déclarations fracassantes. Il a créé son parti, le PAREN en 2000. Mal compris, il est souvent qualifié par ses détracteurs de « fou ». Il prône le grégarisme comme modèle de société pour l’Afrique en général et le Burkina Faso en particulier. Modèle qui offre une alternative aux systèmes capitalistes et socialistes qui ont montré leurs limites, selon lui.