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Burkina Faso : les Tops et les flops des 100 jours de Kaboré au pouvoir

Le 6 avril 2016 marque les 100 jours de Roch Marc Christian Kaboré à la tête du Burkina Faso. C’est aussi une occasion de donner une appréciation de ce bref temps passé au palais de Kossyam. 100 jours c’est peu pour un mandat de 5 ans. Mais on peut déjà voir ce qui va et ce qui ne va pas, même si c’est dans les intentions. Voici donc les tops et les flops du président Roch Marc Christian Kaboré.

  1. La volonté de créer des emplois pour les jeunes

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, avait fait de la création de l’emploi, l’un des points principaux de sa campagne. Rien de plus normal pour un pays qui sortait d’une transition après une insurrection populaire largement menée par des jeunes. Des jeunes qui sont, pour la plupart, sans emploi. Mais au-delà de la campagne, le président a essayé mettre en œuvre sa politique de création d’emploi dès les trois premiers mois qui ont suivi son investiture. Cela s’est manifesté par le lancement du recrutement d’enseignants pour le post primaire  4200 jeunes diplômés.   Ce recrutement, même à titre contractuel va permettre de résoudre un tant soit peu le chômage des jeunes.  A cela s’ajoute le recrutement de 9000 jeunes qualifiés ou non pour l’entretien du réseau routier national. Cela marque une certaine volonté des nouvelles autorités de lutter contre le chômage des jeunes. Même si cela est insuffisant. Il ne s’agit pas pour le moment pas d’emplois durables.

2. La gratuité des soins pour les femmes enceinte et les enfants de moins de 5 ans

La gratuité des soins pour les femmes enceinte et les enfants de moins de cinq ans est l’une de mesures sociales prises par les nouvelles autorités du Burkina Faso. Longtemps attendue, cette mesure est entrée en vigueur le 1er avril 2016 dans trois régions : le Centre, les Haut-bassins et le Sahel. Cette mesure devrait s’étendre progressivement sur toute l’étendue du territoire national. Elle va contribuer à soulager les populations et les encourager à aller rapidement dans les centres de soins. Elle va sans, doute contribuer, surtout, à réduire le taux de la mortalité infantile et maternelle. Si toutefois les produits prescrits par les infirmiers sont disponibles dans les dépôts pharmaceutiques des hôpitaux et autres centres de santé. Le président Roch Marc Christian Kaboré a également procédé au lancement de son programme de forage au profit des différentes localités du Burkina Faso. Il entend par ce programme mettre fin à la « corvée eau » des femmes burkinabè.

Photo Facebook  Le président Roch Marc Christian Kaboré à son investiture
Photo Facebook
Le président Roch Marc Christian Kaboré à son investiture

3. La réduction du train de vie de l’Etat

Le gouvernement a annoncé sa volonté de réduire son train de vie . Ainsi de nombreuses dépenses ont été revues à la baisse. La mesure concerne principalement les baux administratifs, la gestion du parc automobile de l’Etat et la dotation en carburant au niveau des différents ministères. La ligne des achats de véhicules, par exemple, a été purement et simplement supprimée. Les baux administratifs, eux, ont coûté à l’Etat plus de 5 milliards 300 millions de francs CFA en 2015. Une dizaine de baux administratifs seront résiliés cette année. Neuf ministères pourront s’installer dans un pôle administratif d’ici septembre 2016.

4. Le présimètre

C’est une plateforme mise en place pour assurer une veille citoyenne pour « l’imputabilité politique et la redevabilité socio-économique » du gouvernement. En clair, par cette plateforme les citoyens peuvent suivre l’action du gouvernement en rapport à que le président avait promis lors de sa campagne. Mais jusqu’au moment où je trace ces lignes, la plateforme en ligne n’est pas encore fonctionnelle. C’est déjà une bonne volonté.

Photo capture sur le site. Le présimètre devrait être bientôt fonctionnel comme l'indique le site
Photo capture sur le site. Le présimètre devrait être bientôt fonctionnel comme l’indique le site
  1. La sécurité intérieure

Les nouvelles autorités ont été mal accueillies par les terroristes qui ont attaqué Ouagadougou une semaine après l’investiture du président Roch Marc Christian Kaboré. Difficile d’en vouloir aux nouvelles autorités pour cette attaque terroriste à l’heure où les pays les plus équipés n’arrivent pas à éviter des attaques sur leur sol. C’est quand même un mauvais point pour le nouveau gouvernement qui venait juste d’être installé. L’attaque a fait une trentaine de morts et de nombreux blessés.

  1. Autorité de l’Etat et insécurité

L’exemple parfait de la démission du gouvernement c’est le cas des groupes d’autodéfense appelés Kolgweogo. Initiés par les populations pour lutter contre le grand banditisme, ces groupes d’autodéfense se sont même donné le droit d’arrêter, de torturer ,et obligent les présumés délinquants à payer des amendes . Depuis plusieurs mois déjà, on  assiste à des abus sans que le gouvernement ne puisse mettre de l’ordre au sein de groupes d’autodéfense. Le soutien dont bénéficient ces milices au sein des populations, qui ont longtemps souffert de l’insécurité, fait que le gouvernement hésite à prendre une décision. « Force doit rester à la loi », c’est le refrain. Mais dans les localités concernées, la force est restée entre les mains ces groupes d’autodéfense qui n’hésitent même pas à défier les forces de sécurités.

L’autre point d’insécurité c’est la série d’incendies que le pays a connait depuis le début du mois de l’année 2016. Parmi ces incendies, il y a eu au moins 11 cas d’origine humaine.  Mais jusque-là, les enquêtes n’ont pas permis de désigner des coupables. Les incendies ont touché essentiellement les marchés. Et même les stands de la semaine nationale de la culture (SNC) n’ont pas échappé à cette série d’incendies.  Si  ils sont d’origines criminels, il est temps que les autorités mettent la main sur personnes.