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Burkina : les militaires du RSP se font entendre encore!

Alors que le débat continue sur sa dissolution « pure et simple » ou sa transformation, le régiment de sécurité présidentiel a encore fait parler de lui. Les militaires de la garde présidentielle ont tiré en l’air le 29 juin 2015 pour manifester contre l’interpellation de trois de leurs camarades par la gendarmerie nationale.

Le régiment de sécurité présidentiel ne décolère pas. Ils se sont exprimés, comme d’habitude, depuis le départ de leur géniteur, le président Blaise Compaoré. Cette fois-ci, l’élite de l’armée burkinabè, s’insurge contre l’interpellation de trois de ses membres. Ce sont le chef de corps, LCL Céleste Joseph Coulibaly, les capitaines Dao Abdoulaye et Kaboré Flavien. Les auditions se sont tenues de 12 h à 16 h 30 sur la base d’une rumeur non fondée de projet d’arrestation du PM à son retour de Taïwan. Sur sa page Facebook,  le régiment assure que les raisons de cette audition ne sont pas fondées. Par ailleurs le RSP a voulu une fois de plus exprimer son ras-le-bol face aux voix qui s’élèvent pour sa dissolution.

Photo_Info.net Devant le Conseil national de transition, le premier ministre Isaac Zida avait déclaré qu'il n'était pas pour la dissolution du RSP
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Devant le Conseil national de transition, le premier ministre Isaac Zida avait déclaré qu’il n’était pas pour la dissolution du RSP

Le torchon brûle entre Zida et ses frères d’armes

Le mouvement de lundi n’est pas le premier. Déjà, en février, le corps le plus armé de l’armée burkinabè avait exigé le départ du premier ministre Isaac Zida suite à l’affectation de leurs membres dans d’autres garnisons. Mais comment la force sur laquelle Zida s’est appuyé pour prendre le pouvoir suite à la chute de Blaise Compaoré lutte aujourd’hui contre lui ? La réponse est simple. Le premier ministre s’est certainement attiré la foudre de ses anciens camarades en se disant favorable à la dissolution de ce corps lors l’anniversaire de l’assassinat de Nobert Zongo le 13 décembre 2014. Mais depuis, il a réaffirmé l’importance de cette entité de l’armée pour le pays.

Cette fois encore les militaires du RSP demandent le départ du premier ministre Isaac Zida et de tous les militaires du gouvernement de transition.

Le RSP représente aujourd’hui aux yeux de beaucoup de Burkinabè, l’instrument par lequel Blaise Compaoré a châtié son peuple. Les noms de certains membres du RSP reviennent dans des crimes commis pendant le régime notamment celui de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré ou du journaliste, Norbert Zongo.

Photo_afriquenewsinfos Le président Michel Kafando va jouer encore le médiateur dans cette crise.
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Le président Michel Kafando va jouer encore le médiateur dans cette crise.

Médiation entre Isaac Zida et le RSP

Une fois de plus, le président de la transition, Michel Kafando, va essayer d’accorder les violons entre le premier ministre Isaac Zida et les frondeurs du RSP. Il est soutenu dans cette tâche aussi noble qu’urgente par l’ancien de chef de l’Etat, Jean-Baptiste Ouédraogo et de l’ex-chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré, le Gl Gilbert Diendiéré. L’avenir de la transition pourrait dépendre de cette médiation. Aujourd’hui le départ d’Isaac Zida et des autres militaires du gouvernement de transition ne ferait que mettre la transition en retard.

Faut-il dissoudre le RSP ou pas ?

La question passionne les débats au Burkina Faso depuis la fin du régime de Blaise Compaoré. Mais elle est difficile à trancher. Une dissolution réclamée par une partie de la population et certains mouvements de la société civile comme le « balai citoyen ». « Le balai citoyen » avait réaffirmé la nécessité de dissoudre ce mouvement il y a à peine une semaine. Cette problématique avait obligé le gouvernement à mettre en place une commission chargée de la question. Aujourd’hui le rapport de cette commission est sur la table du président. Mais il n’y a pas encore une action concrète.

Le RSP est aujourd’hui l’unité de l’armée burkinabè la plus équipée et la mieux formée. Pour cela sa dissolution pourrait affaiblir la sécurité du pays. A un moment où les groupes armés agissent dans les pays voisins, dissoudre le RSP reviendrait à faire disparaître le corps de l’armée. Pourtant ils sont nombreux à réclamer la dissolution cette entité de l’armée burkinabè. C’est pourquoi, d’autres pensent qu’il serait  mieux tout simplement de transformer ce corps de l’armée en une force antiterroriste ou à d’autres tâches et non celles de la garde présidentielle. Ce nouveau mouvement du RSP va raviver le débat sur la sa dissolution ou non ! Mais pour cela aussi il faut que le RSP sache qu’il est au service du peuple burkinabè et ne doit pas servir des intérêts d’individus aux intentions revanchardes. Le RSP doit comprendre aussi que la dégradation de la situation ne lui profite pas. Seule la paix profitera à tous.

 

Judicael

Judicael

Judicael Gael LOMPO, est diplômé de l'école de Communication et Journalisme de l'université de Ouagadougou. Il s'intéresse aux réseaux sociaux, médias et développement.

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