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Politique burkinabè : des chiens ravalent leur vomissure

Il y a des hommes politiques qui militent dans des partis pour leurs idéaux. Il y en a aussi pour qui la satisfaction des besoins du ventre prime sur toute autre chose et ceux-ci vont de parti afin de s’enrichir.

Quand la politique du ventre prend le dessus, l’intérêt général est refoulé au second plan. C’est ce que je constate aujourd’hui quand je regarde certains militants de partis politiques. Ils passent de parti en partis à la recherche de meilleures positions pour se remplir les poches.. C’est ce que l’on appelle le « nomadisme politique » au Pays des hommes intègres. Ce phénomène est devenu monnaie courante au Burkina Faso depuis plusieurs années. Son expression récente est celle des démissionnaires du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Après avoir quitté le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) en les traitant de tous les noms d’oiseaux, ils y reviennent seulement quelques mois après. Les déclarations de Bakary Traoré, si elles sont vraies, donnent les véritables motivations des démissions.

Mais ils ne sont pas les premiers ni les derniers à agir ainsi. L’afflux de certains militants vers le MPP prédisait déjà cela. D’ailleurs la plupart des leaders de ce parti ont quitté le CDP parce qu’ils sentaient qu’ils ne seraient pas positionnés pour 2015. La ruée vers le MPP n’était donc pas seulement motivée par une envie de changer les choses au profit du peuple burkinabè. Pour certains, il était surtout question d’occuper rapidement des postes juteux. C’est pourquoi les frustrés, les rejetés et les oubliés de beaucoup d’autres partis, qui étaient « politiquement morts », ont vu dans ce nouveau parti politique une occasion de revenir aux affaires.

Mettre les intérêts personnels et égoïstes au-dessus de l’intérêt du peuple. C’est là tout le problème de la politique burkinabè. Aujourd’hui tout homme politique averti sait que rien n’est plus important pour le pays qu’une transition politique apaisée sans besoin de modifier quoi que ce soit. Mais comme il y a longtemps qu’ils « mangent » dans ce système, alors ils n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait changement. Ils ne sont pas sûrs d’avoir une position privilégiée avec un autre. Donc ils se battent comme ils peuvent souvent avec des arguments ridicules, pour que l’actuel reste, pas pour le bien du pays, mais pour son propre bien. Le PF a « des chantiers à terminer », comme si l’administration publique n’était pas une continuité.

Mais la vie d’un pays ne peut se résumer aux intérêts égoïstes d’une seule personne ou d’un clan. La construction d’un pays est l’œuvre de tous les habitants et s’étale sur une durée plus longue que celle de la vie d’un individu.

Cette transhumance politique, constatée depuis plusieurs années au Faso, nous montre qu’au fond, les gens n’ont aucun d’attachement à leur parti politique. Ce qui leur importe, c’est leur « ventre ».

Burkina : la ville de Djibo sous contrôle de manifestants

La ville de Djibo située à dans la région du Sahel du Burkina Faso est en proie à une manifestation depuis le lundi 1er septembre 2014. Les protestataires réclament le bitumage de la route qui relie cette ville à la capitale, Ouagadougou.

Jamais manifestation n’a été aussi partagée par la population d’une localité. Djibo est située à plus de 200 km de la capitale, Ouagadougou, dans la région du Sahel. Cette localité est difficilement accessible à cause de l’état défectueux de la route. Lassés des promesses non tenues des gouvernants et hommes politiques, les jeunes ont pris les devants pour manifester. Ils exigent le bitumage du tronçon Kongoussi-Djibo. Ils estiment qu’ils ont été victimes de multiples promesses non tenues de la part des dirigeants. Maintenant, ils veulent que des actions concrètes soient prises pour bitumer cette voie. Les manifestants ont commencé depuis lundi dernier par un sit-in devant le Haut-commissariat de la province du Soum, avant de se positionner à l’entrée de Djibo sur la route menant à Ouaga en passant par Kongoussi. Depuis Mardi, impossible de rentrer à véhicule à Djibo ou d’en sortir. Sauf les ambulances et les fonds peuvent passer. Mercredi 3 septembre, la route menant à Dori, la capitale de la région du Sahel a été aussi bloquée. Les commerces aussi ont été fermés.

De nombreux cars et camions sont empêchés de rentrer à Djibo
De nombreux cars et camions sont empêchés de rentrer à Djibo

Les manifestants attendent justement l’arrivée du gouverneur de la région pour en discuter. Le Haut-commissaire et le maire n’ayant pas réussi à les convaincre  de lever l’ancre.

Ce sont de nombreux manifestants, soutenus  par la population, qui ont bloqué la route de Ouagadougou. Ils ont installé des tentes et beaucoup ont passé la nuit sur la route. Ils ont reçu des sacs de riz, du sucre, de l’eau et du thé de la part de certains habitants de la ville de Djibo. Alors que les discours de Thomas Sankara passent en boucle sur le site, les contestataires attendent sous les tentes ou les arbres.

La localité est riche aussi bien en sites miniers qu’en bétail. Chaque semaine ce sont des dizaines de camions qui viennent des différentes localités du pays et des pays voisins pour le marché de bétail de Djibo, l’un des plus grands du pays. A chaque campagne électorale, la population n’a reçu que des promesses et cela depuis plusieurs années. Malgré la déception, la manifestation est pacifique et aucun affrontement n’a été constaté pour le moment.

Depuis quelques temps les populations n’hésitent pas à manifester pour dire leur besoin de bitumage des voies de circulation. Une attitude qui n’est pas sans conséquence pour les usagers de la route. Ils voient leurs affaires ralenties ou leurs activités entravées.