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Burkina Faso : quand les avocats lavent leurs robes devant les médias

Le milieu des avocats aussi va mal au Burkina Faso. Je n’ai ni la prétention, ni l’intention d’affirmer que ces gens-là sont mauvais. Non, mais il ne se trouve que certains d’entre eux sont decries par leurs pairs.

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Photo Burkina24
Le bâtonnier de l’ordre des avocats a du pain sur la planche

Au Burkina Faso, il y a de brillants avocats qui font honnêtement leur travail, mais il y a aussi des brebis galeuses. Juste pour paraphraser le bâtonnier de l’ordre des avocats du Burkina qui trouve que certains de ses collègues ne méritent pas d’appartenir à ce corps si noble. Ces derniers font honte à la profession. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les membres du Conseil de l’ordre des avocats ont infligé des sanctions disciplinaires à trois avocats à savoir, radiation pour l’un d’entre eux et suspension de 6 à 12 mois. « Manquement au serment, manquement aux lois régissant la fonction d’avocat, notamment le respect des règles de l’ordre et un manquement aux règles de maniement de fonds, la non-représentation des fonds, la dilapidation de fonds », ce sont entre autres les raisons invoquées pour cette décision. Le bâtonnier et le conseil ont dû faire une conférence de presse afin de s’en s’expliquer.

Au centre de cette affaire, il y a de l’argent. Evidemment, ce ne pouvait être autrement pour ces commerçants de temps nouveaux, ces défenseurs de la veuve et de l’orphelin. De l’argent non débloqué, de l’argent qu’un avocat n’aurait pas remis à sa clientèle, règlement de compte après l’élection du nouveau bâtonnier, etc. Le bâtonnier aurait refusé de débloquer l’argent qu’un avocat devrait recevoir, mais qui faisait l’objet d’une décision d’être gardé en attendant d’élucider l’affaire. L’affaire n’ayant pas été réglée à l’amiable, le bâtonnier lui-même a été convoqué devant les juridictions. Les sanctions du barreau ont été publiés dans la presse, ce qui n’a pas été du gout des sanctionnés qui attaqué la publication alors que certains médias l’avaient déjà fait. Ce qui en temps normale devrait se résoudre dans une sale ne l’a pas été,  même si je crois que les citoyens ont le droit de savoir que tel ou tel avocat est suspendu ou qu’il ne l’est même plus.

Selon le bâtonnier beaucoup d’avocats font des choses qui ne « glorifient  »  pas  la profession et donnent une mauvaise image des avocats auprès des citoyens. Il est certain qu’il y a urgence à mettre de l’ordre au sein de ces hommes en noir. Mais qui le fera ? L’habitude est une seconde nature et ils s’y plaisent certainement. Le bâtonnier étant lui-même élu par ses pairs après une campagne, il me parait claire qui tentera d’éloigner les avocats de leurs mauvaises pratiques mais fructueuses ne sera pas réélu à son poste. Les avocats sanctionnés n’ont pas encore fait de déclaration officielle, ils se sont contentés seulement d’attaquer la publication de leurs sanctions dans les médias. Certainement ils vont sortir de leurs gonds dans les jours à venir.

Burkina Faso : un faux conseiller de Hollande chez Blaise

La présidence du Faso annonçait que le président recevait en audience un sénateur français, de surcroît un conseiller spécial du président français Hollande. 

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Photo Présidence par DR
Le président du Faso a reçu en audience le fameux conseiller le 03 février 2014

« Le président du Faso, Blaise Compaoré, a reçu le lundi 3 février 2014 en audience à Kosyam, le Sénateur, maire de Monmorentin en France et conseiller spécial du président François Hollande, Jeanny Lorgeoux. A sa sortie d’audience, l’hôte a confié qu’il est venu traduire les bonnes relations qui existent entre les deux pays », c’est ainsi que le quotidien d’Etat Sidwaya a relayé la visite du français. Le hic c’est qu’on a appris quelques jours plus tard, notamment sur le site http://www.jeuneafrique.com que ce dernier est un imposteur. En fait, en apprenant cette visite, je me suis dit voilà encore un français qui vient nous montrer l’importance du sénat dans un pays démocratique comme le notre. Et là, il ne m’a pas étonné puisqu’à sa sortie d’audience il fit cette déclaration : « Naturellement je suis pour le Sénat. Dans notre pays, le Senat qui représente les territoires, les traditions, les forces vives, les forces consulaires, les forces économiques, la jeunesse, doit être un élément de contre-poids dans la structure bicamérale du pouvoir. Il est bon en parlant de l’expérience française, qu’il y ait une autre chambre qui dise à l’Assemblée nationale qu’il faudra tenir compte de ceci ou de cela. Au fond, il s’agit d’injecter de l’équilibre dans le cadre du rassemblement de la nation ». Les mêmes arguments avec lesquels le parti au pouvoir s’est cassé le nez.

Mais ce à quoi je m’attendais pas, c’est qu’un homme de son âge, puisqu’il est né le 2 janvier 1950, et de sa classe politique puisse user de faux et tomber si bas, son pays avec. Malgré son inspiration à défendre le sénat et sa lecture des relations entre la France et le Burkina Faso, ce Lorgeoux n’est pas un conseiller spécial de François Hollande. C’est vrai qu’il est sénateur, élu depuis le 25 septembre 2011, de la Loire- et –Cher, appartenant à des groupes comme la délégation sénatoriale à l’outre-mer ou encore du groupe social et apparenté. Mais le Sénat français dit ne pas être  au courant de sa visite au Burkina Faso encore mois l’Elysée. Je comprends alors que c’est un larron qui veut profiter du désarroi du président du Faso. Alors que Blaise Compaoré a des problèmes à mettre en place « son sénat », jugé inutile et budgétivore par beaucoup de Burkinabè, il accepte l’aide du premier venu. Sachant cela, ce faux conseiller de Hollande est venu proposer ses services et prendre ce qu’il doit prendre. Mais ce qui est grave, c’est comment une présidence peut se laisser berner par un sénateur français qui se prend pour conseiller du président français ? Et l’ambassade française au Burkina n’était-elle pas au courant de cette visite ?

Si l’Elysée veut démontrer qu’elle n’est pas de mèche avec le hâbleur, elle doit prendre des sanctions pour éviter que des gens mal intentionnés ne pillent les ressources des pays d’Afrique au nom de leur proximité avec la présidence française. Il est vrai que ce n’est pas la première fois que des hommes politiques français essaient de profiter de la situation d’un président africain mal au point pour se remplir les poches.

Toujours est-il que cette visite montre encore que nos dirigeants comptent surtout sur les occidents pour enracinés leur pouvoir.

Ouagadougou: crocodiles et jardiniers chassent sur le même terrain

Pas de problèmes entre les crocodiles du parc urbain bangr-weogo et les jardiniers des alentours. Les premiers sortent souvent pour se réchauffer et les pépiniéristes font leur travail sans les inquiéter. Seuls quelques curieux s’arrêtent pour les observer. 

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Comme ce crocodile, ils sont au moins 300 à vivre au sein du parc urbain Bangr-wéogo de Ouagadougou

C’est la coexistence pacifique entre jardiniers et crocodiles du parc urbain Bangr-weogo. Cela peut sembler un peu surprenant, mais les uns font leurs affaires sans s’occuper des autres. Les alligators sortent le plus souvent pour se réchauffer, mais ne posent aucun problème aux jardiniers des abords du parc. Alors que je pensais loin de là, je m’entretiens avec deux jardiniers. Elie Nikiéma y depuis 10 ans. Pour lui, « les crocodiles ne posent aucun problèmes aux jardiniers. Ils sortent le plus souvent sous le pont de l’autre côté », me confie-t-il.

Arrivé sur les lieux, j’ai effectivement trouvé des passants observant deux crocodiles sous le pont. Pour le jardinier d’à côté, ces crocodiles sont inoffensifs. « Les crocodiles n’agressent personne. En tous cas ils m’ont jamais attaqué et je n’ai jamais entendu qu’ils ont agressé quelqu’un ». Il en veut pour preuve cette anecdote.

« Un jour un crocodile est venu se poser à côté de ma motopompe pour bénéficier de la chaleur qui se dégage du tuyau d’échappement. Lorsque j’ai fini d’arroser mes plants, je suis allé éteindre ma motopompe sans que le crocodile ne bouge ». Pour les jardiniers des abords du parc urbain Bangr- weogo. Le problème, c’est surtout les passants qui, en voulant admirés ces créatures, obstruent du même coup la circulation. Pour nous convaincre sur le caractère inoffensif de ces créatures, le directeur du parc urbain Bangr –wéogo, me confie que ce sont des crocodiles sacrés. La seule fois qu’ils sont quitté leur biotope, c’était lors des inondations du 1er septembre 2009.  On peut les apercevoir, mais ils restent toujours dans l’espace du parc. Ils sont au nombre de 300  et vivent dans le bois sacré depuis très longtemps. En fait, ils sont chez eux. Les jardiniers sont venus les trouver là-bas. Ils ne n’agressent personne, que personne le les dérange non plus. C’est ainsi, que « croco » et jardiniers travaillent sur le même site sans se poser d’obstacles.