Lycées et collèges du Burkina Faso : quand la grève devient une (sale) habitude !

Le Burkina Faso connaît une série de grèves depuis 1998, surtout au mois de décembre. Des grèves qui ont fini par donner à certains élèves le goût de la paresse plutôt qu’un engagement pour une cause noble. Et ces derniers sont désormais nombreux dans les lycées et collèges du « Pays des hommes intègres ». Dans certains cas ces élèves invoquent des raisons mineures, presque rien. Parfois, ils sont prêts à mobiliser les autres pour un débrayage dont eux seuls connaissent les objectifs réels. Loin de nous, les temps où le « peuple réel » se battait pour la justice et la liberté du citoyen burkinabè.

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Photo lefaso.net
Les grèves au Burkina atteignent leur pic en décembre

Alors que ce matin-là j’étais chez mon mécano du quartier pour qu’il ajoute un peu d’air dans la roue arrière de ma motocyclette, je surpris la conversation d’une  catégorie d’élèves. Ces élèves qui partent toujours à l’école par obligation, qui ont hâte de voir les jours fériés arriver et qui souhaitent que le professeur soit malade ou tout simplement qu’il ne vienne pas au cours. C’est donc ce genre d’élèves que j’ai croisés. Ils étaient deux, chacun sur sa bicyclette, en route pour l’école. Et l’un d’eux a eu cette réflexion : « L’année scolaire n’est pas intéressante, jusqu’à présent, il n’y a pas eu de grève ». Et le deuxième de lui répondre, « Ahan, les grèves c’est en décembre. Ça va venir ». Des élèves qui ont retrouvé le chemin des classes, il y a à peine deux mois, cherchent déjà des occasions de cesser les cours ! Résultat : depuis plusieurs années le mois de décembre est effectivement ponctué de grève. C’est presque un mois perdu dans le système éducatif du Burkina Faso. Les enseignants ne considèrent plus ce mois dans leur temps de cours.

Une grève est observée sur toute l’étendue du territoire national à la date du 13 décembre commémorant ainsi la date anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Le 13 décembre 1998 est une date tristement célèbre dans l’histoire du Burkina Faso. Donc à chaque 13 décembre les élèves aussi réclament justice et vérité pour Norbert Zongo. Mais cette date et cette grève ne posent pas de problème.

Le problème ce sont les autres grèves qui se greffent par-ci par-là. Si par exemple un groupe d’élèves ne veut pas faire ses devoirs, ils sont capables d’entraîner tout un lycée ou les établissements d’une ville entière pour un problème qu’on pouvait résoudre sans avoir besoin de perdre des heures de cours. Parce qu’on a besoin d’un hangar dans un lycée, on fait sortir tous les élèves d’une ville en pillant au passage les stations d’essence et les commerces des honnêtes citoyens. Quelle relation y a-t-il entre exiger la construction d’un parking dans un établissement et piller une boutique ou un véhicule transportant de la bière?

Pour la race d’élèves dont je parle, peu importe l’objet de la grève, l’essentiel c’est de faire la grève. C’est pourquoi ils s’en prennent souvent aux honnêtes citoyens. Et ce sont ces mêmes élèves qui, à l’approche des examens, se rendent compte que les programmes ne sont exécutés qu’en partie par les enseignants. Alors ils se plaignent encore ! Il y a des choses pour lesquelles, il faut lutter. Pour d’autres pas besoin de battre le pavé !

 

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